Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez est rentré de vacances après 23 jours d’absence dans le contexte de la crise migratoire à Ceuta, qui continue de s’aggraver. La crise a éclaté à Ceuta il y a trois semaines après l’arrivée massive de dizaines de milliers de migrants du Maroc et ne fait que s’aggraver chaque jour.
La ville autonome reste surpeuplée, et des milliers de personnes se trouvent dans ses rues, attendant la régularisation de leur statut irrégulier. Sanchez a terminé ses 23 jours de vacances ce dimanche, pendant lesquels il n’est pratiquement pas apparu en public et n’a pas quitté sa résidence de La Mareta sur Lanzarote.
La situation à Ceuta deviendra l’un des principaux sujets de la nouvelle saison politique de cette semaine. Six ministres doivent s’exprimer au Congrès des députés pour expliquer les actions du gouvernement concernant la gestion de la crise migratoire.
De retour à Moncloa, Sanchez dirigera également mardi prochain la première réunion du Conseil des ministres après la pause estivale. Plusieurs questions liées à la crise migratoire se posent à Sanchez.
Les défis de la crise migratoire
Parmi celles-ci figurent la coordination des mesures nécessaires pour aider les milliers de migrants qui se trouvent encore à Ceuta, l’élaboration de mécanismes pour accélérer leur retour au Maroc, la proposition de transférer 500 filles sur la péninsule, ainsi que le contrôle aux frontières dans les aéroports pour les passagers arrivant d’Italie. Ces mesures ont été introduites après que l’Italie a établi un contrôle similaire pour les passagers en provenance d’Espagne.
La ville autonome de Ceuta a été le dernier endroit que Sanchez a visité le 31 juillet, avant de se rendre aux îles Canaries. Depuis, Moncloa n’a diffusé que deux communiqués de presse et les photos correspondantes, sur lesquelles Sanchez préside deux réunions avec ses ministres par visioconférence depuis sa résidence canarienne.
Pendant ce temps, les ministres les plus impliqués dans la résolution de la crise à Ceuta se sont rendus à plusieurs reprises dans la ville au cours des dernières semaines. Le ministre de l’Économie Carlos Cuerpo s’y rendra ensuite, où il évaluera lundi les mesures dans le cadre du plan de soutien économique à la ville autonome.
Réaction politique et critique
Sur les réseaux sociaux, notamment sur X, il n’y a pas eu de mentions de la crise migratoire depuis la fin juillet. À l’époque, Sanchez avait partagé des déclarations qu’il avait faites lors de sa dernière apparition. « Le gouvernement garantit la sécurité des habitants de Ceuta, en renforçant la présence des forces de sécurité et de l’ordre public dans les rues de la ville », avait-il assuré dans son message.
Durant cette période, la situation à Ceuta n’a fait que se dégrader. Le Parti populaire (PP) en a profité pour augmenter la pression politique sur le gouvernement, et Feijóo a visité deux fois la ville autonome et s’est exprimé de plus en plus durement sur l’immigration.
Le PP a également tenté de porter la question de la crise à Ceuta devant le Sénat, où il dispose d’une majorité, en déclarant août mois de travail et en cherchant à obtenir des déclarations de plusieurs ministres à la chambre haute pour fournir des explications. Finalement, ces déclarations auront lieu au Congrès des députés à l’initiative des ministres eux-mêmes.
Six d’entre eux s’exprimeront au cours de cette semaine : la ministre de la Défense Margarita Robles ; le ministre des Affaires présidentielles Félix Bolaños ; la ministre de la Santé Mónica García ; le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska ; le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares ; et la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations Elma Saiz. Pour le lundi suivant, 31 août, sont prévues les déclarations de la ministre de l’Égalité Ana Redondo et de la ministre des Affaires de la Jeunesse et de l’Enfance Sira Rego.
Source : 20minutos



