Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi, a déclaré que la reprise de la diplomatie avec les États‑Unis « n’est pas impossible ». Il l’a écrit vendredi sur la plateforme X après des « discussions créatives » avec le Qatar, qui joue le rôle de médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran.
« Le progrès dépend de la compréhension par les États‑Unis d’un fait simple : la pression ne fonctionne pas », a affirmé Araghchi. Il a également invité Washington à restaurer la confiance et à honorer ses engagements, sans préciser lesquels.
Contacts diplomatiques et position de Washington
Cette remarque relativement positive est survenue après une série de visites à Téhéran et des pourparlers entre l’Iran et Oman sur le possible passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Le Pakistan, principal médiateur du conflit de six mois, a dépêché une délégation dans la capitale iranienne lundi. Plus tard dans la semaine, des hauts responsables d’Oman et du Qatar sont arrivés à Téhéran.
Parallèlement, les États‑Unis conservent une ligne dure dans leurs déclarations publiques. Le ministre des Finances, Scott Bessent, a annoncé lundi le lancement d’une campagne visant à intensifier la pression économique sur l’Iran, menaçant de sanctions les pays qui commercent avec la République islamique.
Le président Donald Trump a également indiqué qu’il ne prévoyait pas de lever le blocus des ports iraniens — l’une des principales exigences de Téhéran — simplement pour relancer les pourparlers. The Wall Street Journal a rapporté que Trump n’est pas non plus intéressé par un retour aux conditions de l’accord de paix temporaire conclu en juin, dont le terme a déjà expiré.
Le Qatar tente de relancer les négociations
Le Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdulrahman Al Thani, lors de rencontres à Téhéran, a évoqué la création de « conditions appropriées » pour la reprise des pourparlers entre l’Iran et les États‑Unis. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar l’a annoncé jeudi.
Selon le ministère qatari, une autre priorité consiste à identifier des moyens de rétablir le fonctionnement du détroit d’Ormuz, voie cruciale pour les livraisons mondiales de pétrole et de gaz.
Le détroit est effectivement paralysé depuis la fin février, après le déclenchement d’actions militaires impliquant les États‑Unis et Israël. Un haut représentant iranien en matière de sécurité, Mohsen Rezaï, a déclaré que l’Iran pourrait réactiver le passage si Washington respectait un certain nombre de conditions, qu’il n’a pas détaillées.
L’accord avec Oman ne signifie pas l’ouverture immédiate du détroit
Les militaires iraniens ont annoncé mercredi un accord avec Oman concernant la répartition des revenus du transit à travers le détroit d’Ormuz. Ils ont toutefois rappelé à plusieurs reprises que cet accord ne conduit pas automatiquement à la réouverture de la voie navigable.
Malgré cela, les volumes de transport de pétrole brut via le détroit augmentent, le risque pour la navigation provenant de l’Iran s’étant atténué.
Source : Bloomberg



