La France et l’Allemagne ont préparé une proposition visant à réformer la diplomatie de l’Union européenne, qui pourrait considérablement élargir les prérogatives de Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’UE. Selon les informations publiées lundi 31 août par le site Politico, Kallas pourrait se voir confier davantage de moyens pour coordonner les actions des responsables de la Commission européenne (CE) en charge de la politique étrangère, notamment sur les questions de migration et d’aide au développement.
Ce plan prévoit également un affaiblissement partiel du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) par le transfert d’une partie de ses employés et de ses compétences vers la Commission européenne. Le SEAE entretient depuis longtemps des tensions avec la Commission européenne concernant la répartition des compétences en matière de politique étrangère. La proposition franco‑allemande vise à régler ce différend en renforçant la position de Kallas et en reconnaissant que la majorité des outils de la politique étrangère de l’UE relèvent déjà de la compétence de la Commission. Actuellement, le SEAE compte environ 5 000 employés et dispose de 145 représentations dans le monde.
Débats sur l’avenir de la diplomatie de l’UE
Selon Politico, la proposition de Paris et Berlin figurera parmi les sujets abordés lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE, prévue mardi à Wicklow, en Irlande. Cependant, tous les diplomates de l’UE ne considèrent pas que le moment est propice à des changements d’une telle envergure. L’un d’eux a déclaré à Politico que « une grande réforme institutionnelle est irréaliste pour l’instant », estimant peu probable la mise en œuvre de réformes plus sérieuses avant la fin du second mandat d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne en 2029.
Un autre représentant de l’UE a souligné que l’efficacité de la politique étrangère de l’Union dépend avant tout de la volonté des États membres, et que le simple transfert d’une partie des employés du SEAE vers la Commission ne résoudra pas les problèmes au Moyen‑Orient ni ne mettra fin à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Selon lui, l’UE pourrait renforcer son influence dans le monde grâce à une meilleure coordination des outils disponibles — de la diplomatie à la politique des visas, en passant par le commerce et l’aide au développement. Les orientations stratégiques de cette politique pourraient, selon lui, être définies par Kallas, qui cumule les fonctions de cheffe de la diplomatie de l’UE et de membre du Conseil de l’UE.
Les débats sur l’avenir du SEAE deviennent particulièrement pertinents à l’approche des négociations sur le budget de l’UE pour la période 2028–2034. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, plaident pour une réduction des dépenses.
Source : Gazeta.pl



