L’Union européenne a appelé la Serbie à renoncer à organiser des funérailles avec honneurs militaires pour le criminel de guerre condamné Ratko Mladić. C’est ce qu’a déclaré la commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos.
Mladić, ancien commandant militaire surnommé « le Boucher de Bosnie », est décédé la semaine dernière alors qu’il purgeait une peine de prison à perpétuité à La Haye, aux Pays-Bas. Cet ex-général de l’armée yougoslave avait été condamné pour crimes contre l’humanité et génocide pendant la guerre des années 1990 en Bosnie-Herzégovine, un conflit qui a fait plus de 100 000 morts et contraint plus de 2 millions de personnes à quitter leur foyer.
« Glorifier les criminels de guerre est contraire aux valeurs fondamentales de l’Europe et n’a pas sa place dans l’UE ou dans les pays candidats à l’adhésion à l’UE », a indiqué Kos lors d’un entretien lundi au Forum stratégique de Bled en Slovénie. Elle a ajouté : « Ratko Mladić purgeait une peine à perpétuité pour crimes contre l’humanité et génocide à Srebrenica. C’était un criminel de guerre. »
Polémiques autour des funérailles
Les projets d’enterrement de Mladić ont suscité des controverses après que le ministre serbe de la Justice, Nenad Vujic, a indiqué que le corps pourrait être inhumé à Belgrade avec les honneurs dus à son grade de général. Bien que cette option ne soit pas encore confirmée, elle a déclenché des réactions négatives dans toute la région.
Les autorités néerlandaises n’ont pas encore finalisé toutes les formalités nécessaires avant d’autoriser la remise du corps de Mladić à sa famille. Entre‑temps, en Republika Srpska, l’entité serbe de Bosnie, des registres de condoléances ont été ouverts à la suite du décès. Les médias d’État en Serbie et en Republika Srpska ont appelé les citoyens à lui rendre hommage.
Condamnation pour génocide et crimes contre l’humanité
En 2017, Mladić a été reconnu coupable sur 10 des 11 chefs d’accusation, notamment pour avoir « contribué de manière significative » au génocide d’environ 8 000 hommes musulmans dans la ville orientale de Srebrenica en 1995. Les autres accusations concernaient le siège de 44 mois de Sarajevo et la prise en otage de casques bleus de l’ONU.
Source : Bloomberg



