Le gouvernement espagnol ne prévoit pas de clore les procédures d’expulsion ou d’octroi d’asile pour les milliers de migrants présents à Ceuta avant la fin de l’année en cours. Le processus pourrait se prolonger jusqu’en 2027. Cette estimation découle d’une décision du 4 septembre, signée par le Ministère des Transports à la demande du Secrétariat d’État aux Migrations. Le texte autorise l’usage temporaire de deux parcelles du port de Ceuta pour installer des tentes destinées aux migrants.
L’autorisation porte sur 16 000 m² d’espace portuaire et est valable jusqu’au 31 décembre 2026, avec possibilité de prolongation. Elle intervient après que l’Autorité portuaire a annulé une mesure d’accueil antérieure, convenue avec le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale.
Organisation de l’accueil des migrants dans le port
Le Ministère des Transports a pris les choses en main en autorisant l’AECID à ériger des tentes sur une surface de 16 000 m² au sein du port de Ceuta. Elles doivent accueillir les personnes arrivées le 30 juillet, lorsque près de 70 000 individus ont pénétré à Ceuta depuis le Maroc, principalement à la nage en contournant la jetée.
La décision a été prise par le ministère dirigé par Óscar Puente, en réponse à une demande du Ministère des Migrations concernant l’usage temporaire de deux parcelles dans la zone Ampliación de Poniente, Fase I.
Dans une interview accordée à Radio Cable, Óscar Puente a qualifié ce site de « plus approprié », compte tenu de la petite superficie de Ceuta et du refus de transférer les migrants vers d’autres régions d’Espagne. Selon lui, leur fournir un lieu de séjour est indispensable à leur expulsion, ce qui nécessite de désigner officiellement un emplacement – « même s’il s’agit d’un lit dans une tente » – où ils dormiront dans le port.
Le ministre a reconnu que cet accueil « pourrait affecter d’une certaine manière » le fonctionnement du port, tout en se demandant s’il existe une alternative. Il a souligné que toute décision aurait des conséquences, et que le transfert des personnes vers la péninsule espagnole est une option à laquelle s’oppose Juan Jesús Vivas. Óscar Puente a décrit l’installation dans le port comme « l’option la plus raisonnable ».
Difficultés de recensement des migrants
Bien que le site d’accueil soit défini et que l’usage du port soit prévu jusqu’à la fin de l’année, voire au-delà, le gouvernement ne peut pas encore déterminer le nombre exact de migrants restant à Ceuta après l’afflux massif du 30 juillet.
Le ministre de la Politique territoriale et « responsable unique » de cette crise, Ángel Víctor Torres, a déclaré lundi qu’il était « impossible » de donner un chiffre précis sur les migrants toujours présents à Ceuta. Il y a une semaine, le gouvernement estimait leur nombre à environ 5 000.
Source : 20minutos



