Netanyahou tente d’unifier la droite israélienne avant les élections

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou s’efforce de consolider les partis de droite israéliens, fragmentés, avant la date limite de mardi, afin d’éviter une défaite électorale annoncée par les sondages. Benjamin Netanyahou, qui détient le record de longévité au poste de Premier ministre en Israël, brigue un septième mandat lors du scrutin du 27 octobre. Il fait face à une forte pression politique suite à l’attaque menée par le HAMAS en 2023 et aux guerres qui ont suivi à Gaza, en Iran et au Liban. Depuis plusieurs mois, les enquêtes d’opinion prédisent une possible défaite de sa coalition nationaliste et religieuse.

Le Premier ministre appelle ses alliés à fusionner leurs listes de candidats pour maximiser leurs chances d’obtenir des sièges à la Knesset, le parlement israélien de 120 sièges. Les partis doivent franchir un seuil électoral de 3,25 %, soit environ quatre sièges ; les petites formations risquent donc de recueillir des voix sans obtenir le moindre mandat. « Quand nous nous unissons, nous gagnons. Quand nous nous divisons, nous perdons », a déclaré Benjamin Netanyahou lors d’une interview sur la chaîne Canal 14 le 30 août.

Difficultés de consolidation à droite

Les sondages indiquent que le parti Likoud pourrait perdre un tiers de sa représentation parlementaire, tout en restant la première force politique avec 20 à 23 sièges. Pour conserver le pouvoir, le Premier ministre aura probablement besoin du soutien de ses alliés de coalition, notamment les partis Force juive et Sionisme religieux.

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Le parti Sionisme religieux, dirigé par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, est estimé entre zéro et six sièges dans les sondages, contre sept actuellement. Le 1er septembre, il a fusionné sa liste avec celle du petit parti Zehut, dirigé par l’ancien membre du Likoud et ex-fonctionnaire d’extrême droite Moshe Feiglin. Selon deux sources politiques, ce rapprochement a été soutenu et facilité par Benjamin Netanyahou.

Parallèlement, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a rejeté l’appel du Premier ministre à fusionner son parti Force juive avec le Sionisme religieux, comme cela avait été fait lors des précédentes élections à l’insistance du chef du gouvernement. Itamar Ben-Gvir estime que les partis seront plus forts s’ils se présentent séparément.

Les positions de Moshe Feiglin sur les Palestiniens rejoignent celles d’Itamar Ben-Gvir et de Bezalel Smotrich, qui appellent à l’annexion de la Cisjordanie occupée et à la dépopulation de Gaza. Ces déclarations ont suscité de vives critiques internationales.

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Le nouveau venu en politique Ofer Winter, ancien général de brigade de droite dont les vues coïncident largement avec celles de Bezalel Smotrich, représente un défi supplémentaire pour le Premier ministre. Il a rejeté les appels à l’union, affirmant qu’il ne se présenterait pas aux côtés de ceux qui pourraient être responsables de la défaillance de la sécurité ayant permis l’attaque du HAMAS en 2023.

Ofer Winter présente ces élections comme une opportunité de vote protestataire et affirme pouvoir attirer les électeurs de droite en quête de changement. Les derniers sondages estiment son parti entre zéro et quatre sièges. Benjamin Netanyahou a averti qu’une candidature séparée d’Ofer Winter risquait de « gaspiller » des voix précieuses à droite si son parti ne franchissait pas le seuil électoral.

Crise de confiance et rivalités politiques

Lors des précédentes élections en 2022, le système parlementaire avait permis à Benjamin Netanyahou de remporter une victoire nette, le camp de centre-gauche divisé ayant perdu face à l’alliance de droite unie. Aujourd’hui, cependant, l’homme politique israélien le plus influent de sa génération se trouve dans une position nettement plus fragile.

Son image de « faucon » a été ternie par l’échec du système de sécurité lors de l’attaque du HAMAS le 7 octobre 2023. Ses critiques s’indignent de son refus d’assumer ses responsabilités, et les guerres qui ont suivi à Gaza, en Iran et au Liban ont apporté des succès militaires sans pour autant déboucher sur des victoires durables.

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« Il n’a jamais été confronté à rien de tel. Tout Israël ressent une crise historique, et son nom y est indissociablement lié. Et il le sait », a déclaré Amotz Asa-El, analyste politique à l’Institut Shalom Hartman de Jérusalem.

Par ailleurs, les lourdes pertes militaires et les concessions faites aux alliés juifs ultra-orthodoxes, qui cherchent à exempter nombre de leurs membres du service militaire obligatoire, ont davantage éloigné les partisans traditionnels de Benjamin Netanyahou.

Son principal rival actuel est l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eizenkot, qui a perdu son fils à Gaza. Son parti Yashar progresse régulièrement dans les sondages depuis plusieurs mois, atteignant le niveau du Likoud, voire le dépassant parfois, bien que le chemin de Gadi Eizenkot vers le pouvoir reste incertain.

L’âge de Benjamin Netanyahou joue également un rôle, note Amotz Asa-El. « Lorsqu’il s’est présenté pour la première fois en 1996, il était le Kennedy israélien. Aujourd’hui, il se présente comme le Biden israélien. »

Source : The Straits Times