Des forces alliées ont empêché la Russie de mener à bien des exercices militaires près de l’archipel du Svalbard, au cours desquels étaient testées des technologies destinées à détruire des câbles sous-marins. Selon Reuters, le Royaume-Uni et la Norvège avaient déjà fait état, dès le mois d’avril, d’activités d’espionnage et de préparatifs russes à proximité de leurs territoires.
D’après Reuters, l’opération se déroulait dans la zone du Svalbard. Il a été révélé pour la première fois que les États-Unis ont également participé aux actions des forces alliées ayant contraint les militaires russes à interrompre leurs manœuvres. Reuters précise que ses sources n’ont pas détaillé les mesures spécifiques prises par les alliés à l’encontre des navires russes. On sait seulement que ces derniers n’ont pas terminé leurs exercices et ont fini par quitter la zone.
Aucun câble sous-marin n’a été endommagé. Les exercices visaient uniquement à simuler leur destruction en cas de conflit potentiel avec l’OTAN. L’opération était menée par la Direction principale de la recherche en eaux profondes (GUGI) russe, chargée des activités à grande profondeur.
Importance stratégique des infrastructures du Svalbard
L’archipel du Svalbard jouit d’un statut juridique particulier, défini par le Traité du Spitzberg de 1920. Son importance est également liée aux infrastructures sous-marines qui s’y trouvent.
Deux câbles à fibre optique d’environ 1400 km relient le Svalbard à la Norvège continentale, à une profondeur d’environ 2700 mètres. Ils transmettent notamment les données satellitaires du SvalSat, la plus grande station terrestre de réception de données satellitaires au monde.
Selon des responsables occidentaux s’exprimant sous couvert d’anonymat, le développement de telles capacités par la Russie pourrait s’avérer crucial en cas de conflit potentiel avec l’OTAN. La destruction de câbles sous-marins pourrait perturber les communications internet, les transferts de données et les transactions financières, tout en entravant le fonctionnement des infrastructures militaires et civiles, souligne Reuters.
La Russie cartographie de plus en plus activement les infrastructures sous-marines
D’après Reuters, le nombre de navires naviguant à proximité des infrastructures sous-marines pour les cartographier est en hausse depuis 2023. Ces navires passent au-dessus ou à proximité immédiate de câbles, de pipelines et de lignes électriques.
Selon la société Windward, le nombre de ces incidents en mer du Nord a augmenté de 52 % en 2024, dépassant les 13 000 cas. Les experts estiment que cette cartographie à grande échelle pourrait être liée à la préparation de potentielles opérations de sabotage.
Le ministre de la Défense de la Norvège, Tore Sandvik, a déclaré que l’opération conjointe des alliés a envoyé un signal clair à la Russie : ses activités ne peuvent passer inaperçues. Selon lui, toute tentative d’attaquer des infrastructures critiques sera détectée et aura des conséquences, a rapporté Reuters.
Source : Gazeta.pl



