Christine Lagarde qualifie de « financièrement dangereux » le plan de Jean‑Luc Mélenchon d’effacement de 18 % de la dette française

La présidente de la BCE Christine Lagarde a rejeté jeudi à Berlin la proposition du leader de La France Insoumise Jean‑Luc Mélenchon visant à effacer une partie de la dette publique de la France. Elle a qualifié cette idée de « financièrement dangereuse » et juridiquement impossible au regard du droit de l’UE, selon Reuters.

Jean‑Luc Mélenchon a proposé d’effacer 18 % de la dette de la France, qui, selon lui, est détenue par la Banque de France. Il estime qu’une telle mesure permettrait de dégager des fonds budgétaires pour les dépenses sociales, alors que la dette publique du pays dépasse les 116 % du PIB.

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Risques pour le financement futur

Interrogée sur cette proposition, Christine Lagarde a déclaré que les créanciers réagiraient négativement à une telle mesure. Comparant la dette publique à un prêt personnel, elle a expliqué que si un emprunteur refusait de rembourser sa dette avant de solliciter un nouveau financement, sa réponse serait : « Je ne vous financerai pas ». Elle a ajouté qu’elle « augmenterait considérablement le taux d’intérêt ».

Lors de la conférence de presse régulière de la BCE, tenue après une hausse des taux d’intérêt, Christine Lagarde a qualifié la proposition de « pas vraiment une bonne idée et une perte de temps considérable, même si elle était populaire dans n’importe quel État membre de la zone euro ».

Contraintes juridiques

Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Économie et des Finances de la France, a également rappelé que l’effacement de la dette est proscrit par l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’un des traités fondateurs de l’UE.

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Elle a qualifié ce traité de « pilier de la stabilité » et a ajouté que toute tentative de contourner les règles de financement de la dette « serait une violation directe du traité ».

Source : The Straits Times