Les Houthis progressent vers le détroit stratégique de Bab-el-Mandeb dans le but d’en prendre le contrôle

Les Houthis avancent vers les zones côtières de la mer Rouge, à proximité du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, sur fond d’intensification des combats contre les forces yéménites soutenues par l’Arabie saoudite. Selon plusieurs analystes, les Houthis ont tenté de s’emparer de la ville portuaire de Mokha, située sur la côte sud de la mer Rouge. Certains affirment que les Houthis ont déjà pris le contrôle de la ville.

Le contrôle de Mokha permettrait aux Houthis d’obtenir un deuxième port majeur dans la région et d’accroître leur influence sur cette voie maritime. Les Houthis ont déjà perturbé le trafic maritime et pesé sur les marchés pétroliers grâce à leur mainmise sur le port de Hodeïda et d’autres territoires proches du détroit.

Bjorn Beyrens, consultant en sécurité maritime, a déclaré que la prise de Mokha « pourrait certainement affecter la sécurité maritime dans la région ». Selon lui, la ville pourrait servir de base arrière pour une progression vers le sud des Houthis, leur permettant potentiellement d’établir un contrôle quasi total sur le détroit de Bab-el-Mandeb.

Les attaques des Houthis pèsent sur le marché pétrolier

Parallèlement à leur progression au sol, les Houthis continuent de mener des attaques de missiles et de drones contre des villes du sud‑ouest de l’Arabie saoudite, endommageant des infrastructures énergétiques. L’Arabie saoudite a rapporté que les récentes attaques des Houthis ont fait 73 blessés dans plusieurs régions du pays, dont des femmes et des enfants.

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Les combats contribuent à la hausse des prix du pétrole cette semaine : jeudi, le cours du baril de Brent a dépassé les 105 dollars. Cette situation aggrave les difficultés des producteurs des pays du Golfe, déjà confrontés aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Les Houthis affirment que leurs attaques sont une réponse aux dizaines de frappes menées par les forces soutenues par l’Arabie saoudite sur les territoires qu’ils contrôlent dans le nord‑ouest du Yémen, ainsi qu’au blocus de fait imposé par l’Arabie saoudite sur certains de leurs ports et aéroports. La progression des Houthis le long de la côte pourrait davantage impliquer Riyad dans le conflit et accroître les tensions dans ses relations avec l’Iran.

Ce nouveau cycle de tensions a débuté à la mi‑juillet, lorsque les Houthis ont annoncé un blocus maritime des ports saoudiens de la mer Rouge et ont commencé à en attaquer certains, notamment Jizan et Yanbu. Yanbu est devenue la principale voie d’exportation du pétrole saoudien après que l’Iran a tenté, il y a plus de six mois, de prendre le contrôle du détroit d’Ormuz suite au déclenchement de la guerre avec les États-Unis et Israël.

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En réponse, la coalition soutenue par l’Arabie saoudite au Yémen a frappé des cibles houthies à Hodeïda et dans d’autres zones. En août, les forces gouvernementales yéménites ont attaqué des positions houthies à l’aide de drones. Selon Amr al-Bidh, représentant spécial du Conseil de transition du Sud, un mouvement séparatiste au Yémen, il s’agissait de la première utilisation d’un armement aussi sophistiqué de leur part.

Le ministère des Affaires étrangères du Yémen, soutenu par les Houthis, a déclaré jeudi que la campagne de bombardements saoudienne « a contraint les forces armées à prendre les mesures nécessaires pour y faire face ». Le ministre des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan, a qualifié les récentes attaques des Houthis de « désespérées » et a déclaré que le groupe tentait d’exporter ses problèmes économiques internes.

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Les Houthis pourraient s’approcher de la partie la plus étroite du détroit

Selon l’ONU, les combats le long d’une partie de la côte ouest du Yémen ont déjà forcé 18 500 personnes à fuir leur domicile.

Andrew Farrand, directeur pour le Moyen‑Orient et l’Afrique du Nord au sein du cabinet de conseil Horizon Engage, a déclaré que la progression des Houthis le long de la côte pourrait les mener vers un « territoire stratégiquement important » dans la partie la plus étroite du détroit de Bab-el-Mandeb. Selon lui, cela constitue un « revers majeur » pour les efforts de l’Arabie saoudite au Yémen.

Les Houthis ont émergé dans les années 1990 après l’unification du Yémen du Nord et du Sud, menant par la suite une série de soulèvements contre le gouvernement. En 2014, ils ont pris la capitale, Sanaa, déclenchant une guerre civile qui se poursuit encore aujourd’hui. En 2015, l’Arabie saoudite a dirigé une campagne militaire infructueuse visant à déloger les rebelles.

Source : Bloomberg