La guerre au Moyen-Orient propulse la consommation mondiale de charbon vers un record de 8,94 milliards de tonnes

Cette année, la consommation mondiale de charbon atteindra un niveau record, en hausse de 1,2 % par rapport à l’an dernier, pour culminer à 8,94 milliards de tonnes métriques. C’est ce qu’a annoncé l’Agence internationale de l’énergie (AIE), précisant que la guerre au Moyen-Orient est l’un des principaux moteurs de cette croissance.

En raison des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, de nombreux pays peinent à s’approvisionner suffisamment en pétrole et en gaz naturel. Cette situation a contraint l’Europe, la Chine, le Japon et la Corée du Sud à accroître leur recours au charbon pour la production d’électricité.

Malgré son fort impact polluant, le charbon reste largement disponible et souvent moins coûteux que les autres sources d’énergie.

El Niño et la hausse de la demande en électricité

Le phénomène météorologique El Niño constitue un facteur aggravant cette année. Selon les prévisions de l’AIE, il favorisera une utilisation accrue du charbon dans des pays comme le Vietnam et l’Inde, en raison d’une demande plus forte en climatisation couplée à une baisse de la production hydroélectrique.

Cette hausse de la consommation de charbon porte un coup dur aux efforts de lutte contre le changement climatique. La combustion du charbon génère davantage de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre responsables du réchauffement planétaire que toute autre source d’énergie, y compris le gaz naturel.

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Il y a cinq ans, lors de la conférence internationale sur le climat de Glasgow, les diplomates de presque tous les pays s’étaient accordés sur une réduction progressive de la consommation mondiale de charbon afin de limiter la hausse des températures mondiales.

Cependant, depuis lors, de nombreux pays ont continué à brûler davantage de charbon pour répondre à la demande croissante en électricité. Parallèlement, si les énergies solaire et éolienne se développent rapidement, elles ne progressent pas assez vite pour couvrir l’ensemble des besoins énergétiques, ce qui maintient la dépendance aux combustibles fossiles.

Ces dernières années, l’AIE prévoyait que la consommation mondiale de charbon atteindrait un pic en 2030 avant de diminuer. L’agence a toutefois dû réviser ses prévisions à plusieurs reprises en raison de la persistance de la demande.

Guerre et perturbations dans le détroit d’Ormuz

L’un des facteurs majeurs de cette hausse cette année est la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, dans un contexte où les dirigeants iraniens ont bloqué le trafic maritime via le détroit d’Ormuz.

Avant le début des hostilités, environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) transitait par ce détroit. Une part importante de ce gaz était importée par les pays européens et asiatiques pour la production d’électricité et les besoins industriels.

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Pour compenser le déficit de gaz, de nombreux pays augmentent l’utilisation de leurs centrales à charbon ou recherchent d’autres moyens d’exploiter cette ressource, dont les stocks sont abondants dans de nombreuses régions.

En Corée du Sud, la consommation de charbon devrait augmenter d’environ 6 % cette année en raison des prix élevés du gaz naturel.

« Bien que pratiquement aucune cargaison de charbon ne transite par le détroit d’Ormuz, les perturbations liées à la guerre ont tout de même affecté les marchés du charbon, provoquant une hausse des prix du gaz naturel », a déclaré l’AIE.

Les États-Unis font exception

Les États-Unis font figure d’exception : la consommation de charbon devrait y baisser d’environ 7 % cette année, après une hausse inattendue l’an dernier.

L’administration de Donald Trump avait ordonné à plusieurs centrales à charbon vieillissantes, dont la fermeture était prévue, de rester opérationnelles. Cela n’a toutefois pas suffi à enrayer la baisse globale de la demande en charbon.

Les États-Unis disposent d’importantes réserves de gaz naturel bon marché et sont restés largement à l’écart des perturbations du commerce mondial du gaz. Par conséquent, de nombreuses entreprises énergétiques privilégient le gaz au charbon.

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Par ailleurs, les énergies solaire et éolienne se développent rapidement aux États-Unis cette année, malgré l’hostilité de l’administration envers les sources d’énergie renouvelables, ce qui réduit davantage la part du charbon sur le marché énergétique.

Perspectives pour 2027

L’AIE ne peut pas encore déterminer si la consommation mondiale de charbon continuera de croître l’an prochain. Tout dépendra de l’issue du conflit au Moyen-Orient et du rétablissement des approvisionnements en gaz naturel liquéfié.

« Si les flux de GNL via le détroit reprennent et que les prix du gaz naturel reviennent à leur niveau d’avant-guerre, la demande mondiale de charbon pourrait diminuer en 2027. Mais si le détroit reste largement fermé aux livraisons de GNL, la demande de charbon pourrait augmenter encore davantage », a indiqué l’agence.

Les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont déjà incité certains pays à chercher des alternatives au pétrole et au gaz importés afin de renforcer leur sécurité énergétique. Certains accélèrent leurs projets de construction de nouvelles capacités d’énergie renouvelable et nucléaire.

La mise en œuvre de ces projets prend toutefois du temps, et durant cette période, la demande supplémentaire pourrait se reporter sur le charbon.