Les pays baltes convoquent les ambassadeurs russes pour des déclarations mensongères sur la déportation et les couloirs aériens

La Lituanie et l’Estonie ont déclaré que le Kremlin diffuse de fausses allégations concernant la déportation de personnes russophones des pays baltes, tentant ainsi de détourner l’attention de ses attaques massives contre les villes et autres cibles civiles en Ukraine. La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ont convoqué les diplomates russes, accusant Moscou de propager de fausses déclarations concernant les pays baltes dans le contexte de l’intensification des attaques de missiles et de drones contre l’Ukraine. Les pays ont indiqué que les allégations concernant la préparation de déportations massives de russophones et l’octroi à l’Ukraine de la possibilité d’utiliser leur espace aérien pour attaquer la Russie font partie de la tactique habituelle du Kremlin.

Les gouvernements de l’Estonie et de la Lituanie ont informé Euronews que les accusations de déportation, avancées par le représentant officiel du ministère des Affaires étrangères de Russie Grigori Loukianzev, sont utilisées par Moscou pour dépeindre la Russie comme une victime et détourner l’attention de ses propres actions en Ukraine. «La Russie cherche désespérément à détourner l’attention de son agression contre l’Ukraine, ainsi qu’à se dépeindre comme une victime et ainsi se soustraire à la responsabilité de ses crimes», a déclaré le ministère des Affaires étrangères de Lituanie à Euronews. Pendant ce temps, l’Estonie a accusé Moscou de tenter de détourner l’attention de «ses propres violations graves du droit international par la Russie, y compris le déplacement forcé et la déportation d’enfants ukrainiens», a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Estonie Süzan Lilleväli à Euronews.

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La Lituanie a qualifié de «totalement fausses» les déclarations sur l’intention de déporter les habitants russophones, tandis que la Lettonie a noté que tous dans le pays sont protégés par la primauté du droit, indépendamment de leur appartenance ethnique. Rejetant les prétentions de la Russie, le ministre des Affaires étrangères de l’Estonie Margus Tsahkna a déclaré que son pays est «un État démocratique, régi par la primauté du droit», et que toute supposition contraire n’est «rien d’autre que de la propagande russe sans fondement».

Les accusations de Loukianzev ont suivi la présentation d’un rapport commun sur les droits de l’homme des ministères des Affaires étrangères de la Biélorussie et de la Russie, qui affirme que les pays baltes sont coupables de «nazisme» et de «russophobie». Le rapport critique également la loi modifiée de la Lettonie sur l’immigration, qui exige des citoyens de la Russie de soumettre des demandes pour obtenir le statut de résident à long terme de l’UE, de démontrer une connaissance de la langue lettone au niveau A2 et de subir des vérifications de sécurité et des antécédents pour séjourner légalement dans le pays. Ces mesures ont touché environ 30 000 personnes, dont la majorité a finalement satisfait aux nouvelles exigences.

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Les anciens récits du Kremlin

Ces accusations répètent les anciens récits du Kremlin concernant les pays baltes. Les services de renseignement de la Lituanie dans leur «Évaluation des menaces de 2026» notent que la Russie accuse «systématiquement» la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie de persécuter les russophones, de glorifier les collaborateurs nazis et de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Le rapport indique que le ministère des Affaires étrangères de Russie joue un rôle central dans l’amplification de ces déclarations par le biais de canaux diplomatiques et d’organisations internationales pour justifier la politique étrangère de Moscou et augmenter la pression sur les pays baltes.

Les démarches diplomatiques des pays ont également été provoquées par les déclarations du vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie Mikhaïl Galouzine selon lesquelles les pays baltes ont fourni des couloirs aériens pour les drones ukrainiens qui ont attaqué l’infrastructure civile russe. Le ministère des Affaires étrangères de Lettonie a qualifié dans sa déclaration les affirmations de Galouzine, faites après les frappes réussies de l’Ukraine contre l’infrastructure pétrolière en Russie, de «fausses», exigeant que la Russie «rétracte immédiatement cette information mensongère». La Lituanie et l’Estonie ont également déclaré qu’elles n’avaient jamais permis l’utilisation de leur territoire ou de leur espace aérien pour des frappes de drones contre la Russie.

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Condamnation des attaques russes

La dispute diplomatique s’est déroulée dans le contexte d’une nouvelle vague d’attaques de missiles et de drones de la Russie contre l’Ukraine. Dans leurs notes à Moscou, les trois pays ont condamné la vague de frappes de missiles et de drones russes contre l’Ukraine. Les gouvernements ont fait référence aux récentes frappes contre Kyiv et d’autres villes, qui ont entraîné la mort de dizaines de civils et des centaines de blessés, affirmant que la Russie intensifie sa campagne d’attaques contre des cibles civiles. La Lituanie a déclaré que le ciblage délibéré de civils et d’infrastructures civiles est une violation grave du droit international humanitaire et équivaut à des crimes de guerre. Elle a noté qu’elle continuerait ses efforts pour tenir responsables les coupables des crimes commis lors de l’invasion de la Russie en Ukraine.

Le président de Russie Vladimir Poutine et d’autres responsables du Kremlin ont à plusieurs reprises accusé l’Ukraine de «nazisme» et de «russophobie systémique» sans fournir de preuves, utilisant ces accusations comme prétexte pour une invasion à grande échelle de l’Ukraine au début de 2022.

Source : Euronews