Israël interdit temporairement d’arrêter les ultra-orthodoxes pour évasion de la conscription

La loi a été adoptée en dernière lecture par 58 voix contre 54, quelques jours avant la dissolution de la Knesset, à la veille des élections parlementaires du 27 octobre. Son adoption a été précédée de plusieurs mois de négociations intenses entre le Premier ministre Benjamin Netanyahou et les partis ultra-orthodoxes Shas et Judaïsme unifié de la Torah, qui soutiennent son gouvernement.

Débats sur la conscription et les élections

Les dirigeants de la communauté ultra-orthodoxe s’opposent traditionnellement à la conscription, estimant que le service militaire détourne les jeunes hommes de l’étude des textes religieux et menace leur mode de vie. Dans le même temps, face au manque de personnel militaire, de plus en plus de politiciens appellent à étendre l’obligation militaire aux ultra-orthodoxes.

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Selon un accord en vigueur depuis la création d’Israël en 1948, les hommes ultra-orthodoxes qui se consacrent entièrement à l’étude des textes religieux sont exemptés du service militaire. Cependant, en raison du manque de personnel dans l’armée, la Cour suprême a à plusieurs reprises remis en question cette exemption, concluant en 2024 que le gouvernement devait commencer à enrôler les hommes ultra-orthodoxes.

La loi adoptée ne supprime pas la conscription obligatoire, mais suspend temporairement les arrestations des étudiants en âge de conscription qui étudient dans les écoles talmudiques et ne se présentent pas aux convocations, jusqu’au 30 novembre — c’est-à-dire après les élections. Pour être considéré comme étudiant, il est nécessaire de consacrer au moins 45 heures par semaine à l’étude des textes religieux.

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Réaction de l’opposition et de la coalition

Immédiatement après l’adoption de la loi, les dirigeants de l’opposition l’ont fermement condamnée, criant depuis les bancs du parlement : « Honte ! Honte ! ». Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée et principal rival de Benjamin Netanyahou pour les prochaines élections, a dénoncé sur le réseau social X « la coalition la plus irresponsable de l’histoire d’Israël ». Selon lui, « ce gouvernement décide d’affaiblir l’armée en pleine guerre brutale […] et donne un chèque en blanc à ceux qui échappent au service militaire ».

De leur côté, les membres de la coalition ont défendu la loi, affirmant que les arrestations des insoumis ne favoriseraient pas leur intégration dans l’armée. « Les arrestations ont l’effet inverse de celui souhaité », a déclaré Boaz Bismuth, président de la commission parlementaire des affaires étrangères et de la défense. Lundi, le parlement a également adopté une loi distincte qui ancre l’étude des textes religieux juifs comme une « valeur fondamentale » de l’État — une mesure perçue comme un renforcement des arguments des ultra-orthodoxes en faveur du maintien de l’exemption du service militaire.

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Source : Libération