La cour du Kenya a rejeté la demande des Rastafari visant à obtenir l’autorisation d’utiliser le cannabis à des fins religieuses. Les représentants de cette communauté, qui consomment de la marijuana dans le cadre de leurs pratiques spirituelles, attendaient depuis des années une décision de la Haute Cour sur la possibilité d’utiliser cette plante conformément à leur droit constitutionnel à la liberté de religion.
La cour a estimé que la communauté n’avait pas réussi à prouver que la législation actuelle sur les drogues violait leur droit à la liberté de religion. Le juge a précisé que la demande avait été « rejetée dans son intégralité ». Il a également souligné que l’usage récréatif généralisé du cannabis au Kenya témoigne d’une sévérité excessive de la législation en vigueur. Selon ses mots, « le statu quo semble insoutenable », et le pays a besoin de « discussions franches sur le cannabis et la direction dans laquelle nous devons avancer ».
Lien historique et précédent judiciaire
La loi de 1994 prévoit une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et une amende significative pour la possession de marijuana. Les Rastafari affirment que la police utilise régulièrement cette loi pour les persécuter.
La communauté entretient un lien particulier avec l’histoire du Kenya, notamment à travers la tradition des dreadlocks. Ces coiffures étaient également arborées par de nombreux membres du mouvement Mau-Mau, qui a lutté pour l’indépendance du pays contre la domination coloniale britannique dans les années 1950 et 1960. La reconnaissance juridique des droits des membres de ce mouvement s’est renforcée après une décision de la cour en 2019, qui a jugé que l’exclusion d’une écolière en raison de ses dreadlocks avait violé son droit à la liberté de religion.
Le nombre exact de Rastafari au Kenya reste inconnu. Cependant, selon les estimations, ce mouvement, qui promeut le mysticisme, le panafricanisme et le végétarisme, connaît une popularité croissante, notamment parmi les jeunes.
Source : Africanews



