82 % des chefs d’entreprise français évaluent pessimement la politique économique du prochain président

Les dirigeants français d’entreprise plaident pour une réduction des impôts, de la bureaucratie et du nombre de fonctionnaires, tandis que la réforme des retraites est considérée comme secondaire. À moins d’un an des élections présidentielles, les dirigeants d’entreprise expriment une profonde inquiétude quant à l’avenir économique du pays. Selon une vaste enquête menée par OpinionWay pour le Medef à la veille de REF 2026 auprès de 65 872 dirigeants d’entreprise, 82 % évaluent de manière pessimiste l’impact potentiel de la politique économique du futur président de la France sur leurs activités. Seuls 17 % sont optimistes.

Le système fiscal est leur principale préoccupation. Près de huit dirigeants sur dix (79 %) citent le niveau des impôts et des taxes parmi les principales difficultés de leurs activités. Viennent ensuite le fardeau des procédures administratives (59 %), les changements fréquents des règles fiscales, sociales ou environnementales (50 %) et l’incertitude concernant la situation économique (49 %). Le coût de l’énergie est mentionné par 36 % des répondants, suivi des difficultés de recrutement de personnel (22 %) et de l’accès au financement (18 %).

Inquiétudes concernant l’avenir des entreprises

Ces préoccupations dessinent des perspectives particulièrement sombres. Si aucune modification n’est apportée à la politique économique au cours du prochain mandat présidentiel, 66 % des dirigeants estiment que leur entreprise s’affaiblira, rencontrera de graves difficultés ou fera faillite. Plus précisément : 32 % anticipent un affaiblissement, 23 % des difficultés sérieuses, et 11 % craignent la faillite. Seuls 1 % pensent que leur entreprise se développera de manière significative, tandis que 13 % prévoient de se concentrer sur le développement à l’étranger plutôt qu’en France.

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Le message aux futurs entrepreneurs n’est pas moins sévère. Bien que 59 % des répondants recommanderaient toujours à un jeune entrepreneur de lancer sa propre entreprise, seuls 20 % lui conseilleraient de créer une entreprise en France. Presque deux fois plus, 39 %, recommandent d’ouvrir une entreprise à l’étranger, tandis que 32 % ne conseilleraient pas du tout de se lancer dans l’entrepreneuriat. En même temps, le choix de la France est plus souvent recommandé par les dirigeants de grandes structures : 31 % parmi les entreprises de 250 employés et plus contre 18 % dans les entreprises de un à neuf employés.

Réformes prioritaires et stabilité financière

À l’horizon du prochain mandat présidentiel, la principale préoccupation reste une nouvelle augmentation des impôts et des taxes, redoutée par 85 % des dirigeants. La détérioration de la bureaucratie et le renforcement des restrictions administratives inquiètent 63 % d’entre eux, presque autant que l’augmentation de la fiscalité sur leurs revenus et leur patrimoine (62 %). La réduction du temps de travail et l’augmentation générale des salaires sont moins souvent mentionnées — respectivement 18 % et 16 % des répondants, mais préoccupent davantage les entreprises employant plusieurs dizaines de salariés.

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Les dirigeants plaident avant tout pour un nouveau « choc de compétitivité ». À la question sur la réforme nécessaire à mettre en œuvre d’ici 2032, 63 % citent les impôts et les taxes, dont 43 % spécifiquement la réduction des cotisations sociales et des cotisations patronales. La réforme du travail et de l’emploi est mentionnée par 22 % des répondants, et la réforme administrative par 21 %. Parmi les mesures proposées, 83 % considèrent comme prioritaire la réduction des impôts et des taxes, 81 % la réindustrialisation de la France, 75 % la simplification des normes et des procédures, et autant la réduction de la dette et des dépenses publiques. La stabilité des règles fiscales et sociales est également considérée comme prioritaire pour 74 % des dirigeants.

Concernant les impôts à réduire, l’impôt sur les bénéfices des entreprises arrive en tête, cité par 61 % des répondants, suivi de près par la CSG (60 %). Viennent ensuite l’impôt sur le revenu des personnes physiques (53 %), la TVA (45 %) et les taxes de production (41 %). Ces dernières, cependant, sont considérées comme une priorité beaucoup plus importante dans les entreprises de 50 employés et plus.

Le contrôle des finances publiques est également l’une des principales attentes des dirigeants. Trois dirigeants sur quatre (75 %) considèrent comme prioritaire la réduction de la dette et des dépenses publiques, et 91 % considèrent cet objectif comme au moins important. Cette exigence est particulièrement forte dans les secteurs bancaire, assurantiel et financier, où 86 % des répondants la considèrent comme prioritaire, ainsi que dans les entreprises de 10 à 49 employés (82 %). La réduction du nombre de fonctionnaires reçoit également un soutien important : 54 % la considèrent comme une priorité, et 77 % comme une mesure importante ou prioritaire.

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Cependant, le consensus s’affaiblit lorsqu’il s’agit de directions spécifiques de réduction des dépenses. Seuls 29 % des dirigeants considèrent comme prioritaire la réduction des dépenses de santé. L’augmentation de l’âge de la retraite est encore plus controversée : 28 % la considèrent comme une priorité, et 39 % comme une mesure secondaire, ce qui est le taux le plus élevé parmi les options de réforme mentionnées dans l’enquête. En outre, à la question de savoir quelle réforme le prochain président de la France doit absolument engager d’ici 2032, seuls 5 % des dirigeants interrogés ont cité la réforme du système de retraite. Cela est bien inférieur à la proportion de ceux qui ont cité la réforme fiscale (63 %), la réforme du travail et de l’emploi (22 %) ou la réforme administrative (21 %).

Source : BFMTV