Un tribunal sud-coréen a condamné lundi l’ancien président Yoon Suk Yeol à deux ans de prison pour avoir illégalement reçu des sondages manipulés gratuits d’un courtier politique, ce qui, selon l’accusation, l’a aidé à obtenir la nomination de son parti pour les élections présidentielles de 2022 en échange d’un soutien politique.
Cette affaire fait partie des sept procédures judiciaires engagées contre l’ancien président conservateur, qui a été destitué l’année dernière après l’imposition temporaire de la loi martiale en décembre 2024, déclenchant la plus grande crise politique en Corée du Sud depuis des décennies. La semaine dernière, la Cour suprême du pays a confirmé la condamnation de Yoon à sept ans de prison, faisant de cette affaire la première à atteindre la plus haute instance judiciaire du pays après sa destitution.
Yoon a fait appel de certaines condamnations, y compris celle d’une peine de prison à perpétuité prononcée en février pour l’accusation la plus grave de rébellion, liée à sa tentative ratée de prise de pouvoir. Ses avocats ont annoncé qu’ils feraient également appel de la décision du tribunal de lundi, la qualifiant de fondée sur des preuves insuffisantes. Le tribunal de district central de Séoul a établi que Yoon avait violé la législation nationale sur le financement des activités politiques.
Condamnation du courtier politique
Le courtier politique Myeong Tae-kyun a été condamné à un an et demi de prison pour la même accusation. Myeong a été reconnu coupable d’avoir réalisé 14 sondages gratuits pour Yoon entre juin et octobre 2021 en utilisant des données manipulées, ce qui, selon l’accusation, a permis à Yoon d’obtenir la nomination de son parti pour les élections présidentielles avant sa victoire en mars 2022.
Le courtier politique souhaitait que l’ancien député Kim Yong-sun soit candidat pour le Parti du pouvoir populaire conservateur lors des élections législatives partielles de 2022. Le tribunal a établi que Yoon avait exercé une influence excessive sur son parti pour satisfaire la demande de Myeong en échange des sondages manipulés.
Crise politique et destitution
L’annonce inattendue de la loi martiale par Yoon tard dans la soirée du 3 décembre 2024, qui n’a duré que quelques heures, a plongé le pays dans le chaos. Les législateurs ont forcé le passage à travers un barrage de soldats lourdement armés et de policiers à l’Assemblée nationale de Séoul et ont voté pour annuler cette mesure, contraignant le cabinet de Yoon à l’abroger.
Yoon a été destitué par l’organe législatif libéral plus tard ce mois-là, avant sa destitution officielle par la Cour constitutionnelle. Après sa libération de prison au début de 2025, il a de nouveau été arrêté en juillet 2026 et depuis lors, il comparaît devant les tribunaux dans plusieurs affaires criminelles, restant en détention.
Source : AP



