La Russie participe depuis 2023 à un programme secret visant à développer des missiles de croisière hypersoniques pour l’Iran, écrit le Financial Times. Le journal s’appuie sur des données issues de fuites de correspondances russes, de déplacements d’experts et d’une analyse de brevets militaires.
L’objectif principal du programme était d’aider Téhéran à mettre au point un statoréacteur, qui permet à un missile de croisière de voler pendant une longue durée à une vitesse plusieurs fois supérieure à celle du son.
Coopération dans les technologies de missiles
Côté russe, le projet a été organisé par Rosoboronexport en collaboration avec NPO Mashinostroyeniya. Des ingénieurs de haut niveau de l’entreprise, spécialisés dans les systèmes de missiles, l’aérodynamique et les statoréacteurs, se sont rendus à plusieurs reprises en Iran. Les experts russes ont étudié les résultats des essais iraniens, aidé à identifier les problèmes de conception et préparé des recommandations pour les corrections nécessaires, précise le Financial Times.
Les experts interrogés par les journalistes estiment que cette technologie pourrait être utilisée pour des missiles antinavires et des armes destinées à frapper des cibles terrestres. De tels missiles pourraient notamment représenter une menace supplémentaire pour les porte-avions américains et autres navires au Moyen-Orient.
L’Iran a déjà fabriqué un statoréacteur et effectué des essais en vol. Cependant, on ignore si les missiles hypersoniques ont été déployés. Les négociations pour la poursuite du programme se sont poursuivies au moins jusqu’à l’été 2026.
Le Financial Times souligne que le programme était déjà actif en 2024. À cette époque, Vladimir Poutine avait menacé que la Russie pourrait commencer à livrer des missiles à longue portée dans des régions d’où des frappes pourraient être lancées contre des cibles de pays occidentaux. Le journal avait également rapporté précédemment que Moscou avait accepté de fournir à l’Iran des systèmes de défense antiaérienne portatifs Verba.
Source : Novaya Gazeta Europe



