La Russie prévoit de mener les essais finaux d’un nouveau type de missile balistique, doté d’une portée allant jusqu’à 800 kilomètres, d’ici la fin de l’année 2026. C’est ce qu’a déclaré le 8 septembre Vadym Skibitskyi, directeur adjoint du GUR, le service de renseignement militaire ukrainien, lors d’une réunion avec des représentants des pays membres de l’OTAN.
Selon Vadym Skibitskyi, la Russie pourrait utiliser ces essais pour frapper des cibles dans les régions occidentales de l’Ukraine. Moscou cherche à accroître à la fois ses capacités de production de missiles et la portée de ses armes. L’objectif final, a souligné le représentant du GUR, est d’intensifier les attaques de missiles et de drones afin de pousser l’Ukraine vers une crise socio-économique. Vadym Skibitskyi a également appelé les pays partenaires à renforcer les sanctions pour limiter l’accès de la Russie aux composants étrangers, notamment ceux nécessaires à la production d’armes à longue portée.
Situation sécuritaire et capacités de défense
Ces dernières semaines, la Russie bombarde presque sans relâche Kiev et d’autres villes ukrainiennes avec des missiles balistiques et un grand nombre de drones, causant des pertes civiles. L’Ukraine dispose de stocks extrêmement limités d’intercepteurs de missiles balistiques et dépend entièrement de ses partenaires internationaux pour la fourniture de tels systèmes, tandis que ses propres programmes de développement de missiles balistiques sont encore au stade de la conception.
Face à l’intensification des attaques russes, le président Volodymyr Zelensky a annoncé une refonte du système d’alerte aérienne. Selon le nouveau plan, les alertes seront divisées en deux niveaux : un signal jaune indiquera une menace de drones, tandis qu’un signal rouge signifiera l’approche de missiles ou une attaque combinée à grande échelle.
Kiev et sa région restent ces derniers jours l’une des cibles principales de la campagne aérienne russe et subissent régulièrement des attaques de drones à réaction. La défense antiaérienne ukrainienne opère à la limite de ses capacités, laissant une grande partie du pays vulnérable non seulement aux missiles et aux drones, mais aussi aux bombes aériennes guidées. Le bilan des victimes s’alourdit : juillet a été le mois le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis le début de l’invasion à grande échelle.
Cyberattaque contre l’institut russe de technologie thermique
Par ailleurs, le 9 septembre, le GUR a annoncé que ses cyber-spécialistes avaient accédé aux réseaux de l’Institut de technologie thermique de Moscou, un institut public de recherche et de conception chargé du développement des missiles russes et des systèmes de communication par satellite militaire.
Selon le GUR, le renseignement a également identifié 2 648 employés de l’institut, dont son directeur, le lieutenant-général à la retraite Sergey Ponomarev. L’établissement travaille sur les missiles balistiques intercontinentaux « Yars » et « Topol-M », le missile balistique lancé par sous-marin « Bulava », ainsi que sur les systèmes « Iskander-M » et « Oreshnik ».
Outre les systèmes de missiles, l’institut développe des technologies pour la mise en orbite rapide de satellites militaires en orbite terrestre basse, à une altitude comprise entre 160 et 2 000 kilomètres au-dessus de la surface terrestre.
La Russie accélère également le déploiement du système de communication par satellite « Rassvet », destiné à devenir une alternative interne à Starlink. Selon Vadym Skibitskyi, la Russie a placé les 16 premiers satellites « Rassvet » en orbite terrestre basse en mars 2026, et a procédé au lancement d’un second lot en juillet.
Source : Kyiv Independent



