Le ministre marocain évoque un «droit historique» sur Ceuta et Melilla devant le roi

Le ministre des Affaires islamiques du Maroc Ahmed Toufiq a déclaré les revendications marocaines sur Ceuta et Melilla devant le roi Mohammed VI et son héritier. Cela s’est produit lors d’une cérémonie religieuse au Palais royal à Rabat, dédiée à la célébration du Mawlid — le jour de l’anniversaire du prophète Mahomet.

Lors de la célébration, à laquelle étaient présents le prince héritier Moulay Hassan, le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch et d’autres personnalités politiques, militaires et religieuses du pays, le ministre Toufiq a fait référence à des faits religieux et historiques, qualifiant ces territoires «occupés» et appelant à leur «libération de l’occupation ibérique», comme le rapporte l’agence MAP. La cérémonie, qui s’est tenue lundi dernier en journée, a rassemblé une grande partie de la direction alaouite du pays et a donné au ministre l’occasion de lier les revendications territoriales à l’histoire religieuse et culturelle du Maroc.

Références historiques et religieuses

Dans son discours, Ahmed Toufiq s’est concentré sur deux éminents savants islamiques liés à Ceuta : le cadi Iyad et Al-Azafi, qui étaient originaires de cette ville. Le cadi Iyad est né à Ceuta à la fin du XIe siècle, a été juge de cette ville et est considéré comme l’un des saints de Marrakech. Al-Azafi est également né sur le territoire de Ceuta et était membre de la famille régnante au XIIe siècle.

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Selon le ministre, les deux savants ont consacré une grande partie de leurs travaux à la figure du prophète Mahomet et ont contribué à la formation de la tradition spirituelle et religieuse, qui, selon lui, fait partie de l’identité marocaine, comme le rapporte la publication marocaine Tanja7. Les deux savants sont nés sur le territoire de Ceuta avant le passage de la ville sous domination espagnole en 1580 après l’union des couronnes d’Espagne et du Portugal.

Toufiq a également fait référence à l’œuvre «Dala’il al-Khayrat» de l’imam Mohamed ben Suleyman al-Jazouli — une collection de textes religieux et de prières adressés au prophète Mahomet. Ce texte religieux a connu une large diffusion en Afrique du Nord et dans d’autres régions arabes. Le ministre a affirmé que cette œuvre était utilisée pour mobiliser la population et «soulever l’esprit» dans le but de «récupérer les villes de la côte atlantique sous domination ibérique», selon Tanja7. Sur la base de ces références historiques et religieuses, le ministre a présenté Ceuta comme faisant partie d’une tradition liée au territoire marocain, soulignant le rôle des oulémas nés dans la ville comme témoignage du lien historique, culturel et spirituel de Ceuta avec le Maroc.

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Renforcement des revendications du Maroc

L’intervention de Toufiq est intervenue après que les autorités marocaines ont renforcé leurs revendications sur Ceuta et Melilla ces dernières semaines. Ainsi, le ministre a soulevé la question territoriale dans les relations avec l’Espagne lors d’une cérémonie religieuse et en présence de la plus haute direction politique et spirituelle du pays. Vendredi dernier, le Maroc a de nouveau affirmé son «droit historique et géographique» sur les deux villes autonomes et a plaidé pour leur «retour au giron de la patrie», comme l’a déclaré le ministre de la Justice du Maroc Abdellatif Ouahbi.

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Cette déclaration de lundi a retenti en présence du monarque alaouite, qui porte également le titre d’«Amir al-Mouminine», ou Commandeur des Croyants. Selon la tradition généalogique de la dynastie alaouite, Mohammed VI est le 36e descendant direct de Mahomet et descend de la lignée de Fatima Az-Zahra, la plus jeune fille du prophète. En dirigeant les affaires d’État et religieuses dans ce double statut, le monarque agit non seulement comme le chef politique du pays, mais aussi comme le gardien de la foi et l’autorité religieuse suprême du pays.

Source : 20minutos