Le président du Conseil européen Costa exhorte les pays de l’UE à adopter de nouvelles taxes pour financer le budget septennal

Le président du Conseil européen António Costa a averti les gouvernements qu’ils se retrouveraient dans une situation plus difficile s’ils ne parvenaient pas à un accord sur de nouvelles taxes européennes pour financer le prochain budget septennal de l’UE.

Lors d’une visite en Croatie mercredi, António Costa a appelé les dirigeants de l’UE à assouplir leurs « lignes rouges » à l’approche du sommet du 15 octobre, où il compte réduire la liste des taxes potentielles acceptables pour les gouvernements des États membres. « Notre priorité est d’essayer de définir dès octobre un panier de nouvelles ressources propres », a déclaré António Costa lors d’une intervention aux côtés du Premier ministre croate Andrej Plenković. « Ainsi, nous saurons combien nous devrons demander à chaque État membre ».

Parvenir à un accord sur les nouvelles taxes de l’UE, dites « ressources propres », est crucial pour finaliser un accord global sur le budget en décembre. Les négociations doivent être achevées avant que les élections nationales en France, en Espagne et en Italie en 2027 ne compliquent le processus budgétaire. António Costa effectue une tournée des capitales des 27 pays de l’UE pour recueillir leurs préoccupations et évaluer les possibilités de compromis. Le politicien portugais joue un rôle clé dans les négociations, présidant les réunions des dirigeants et facilitant les compromis entre les différents camps.

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Résistance aux nouvelles taxes et propositions de la Commission

La question des taxes européennes est l’une des plus complexes des négociations, les gouvernements nationaux étant réticents à transférer davantage de pouvoirs fiscaux à la Commission européenne et à accepter de nouvelles taxes qui frappent plus durement certains pays que d’autres.

L’année dernière, la Commission a proposé cinq nouvelles taxes liées à l’importation de carbone, aux émissions, aux déchets électroniques non collectés, aux bénéfices des entreprises et aux produits du tabac. Celles-ci devraient rapporter 66 milliards d’euros par an pour financer le budget. Cependant, la plupart de ces propositions ont rencontré l’opposition des gouvernements, qui doivent les approuver à l’unanimité.

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Les tensions sont apparues au grand jour lorsque le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden a rejeté la taxe proposée par l’UE sur le tabac après une rencontre avec António Costa plus tôt dans la journée. « Nous n’accepterons pas de propositions qui nous affectent de manière disproportionnée », a-t-il déclaré aux journalistes.

Conséquences d’un échec de l’accord

Par ailleurs, en mettant en garde ses homologues, António Costa a souligné qu’un manque d’accord sur les nouvelles taxes entraînerait soit une réduction du budget, soit une augmentation des contributions des États membres. « Nous n’avons que deux options : réduire nos ambitions en matière de sécurité, de défense, de compétitivité, de cohésion et d’agriculture… ou alors augmenter les contributions nationales, ce qui pose également problème pour tous les États membres ».

L’une ou l’autre de ces issues serait indésirable pour les camps opposés dans les négociations. Les pays du Nord, menés par l’Allemagne, se plaignent que leurs contributions au budget de l’UE sont déjà trop élevées, tandis que les pays du Sud et de l’Est réclament davantage de fonds européens pour l’agriculture et le développement régional.

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Les ministres des pays de l’UE discuteront de la question des nouvelles taxes lors d’une réunion à Bruxelles le 22 septembre.

Source : Politico