Une rapporteuse spéciale de l’ONU prévient que le déblaiement des décombres à Gaza pourrait détruire des preuves de crimes internationaux

La rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a prévenu le 7 septembre que le déblaiement massif des décombres dans les zones de Gaza sous contrôle d’Israël pourrait entraîner la destruction de traces de « crimes d’atrocités de masse » et compliquer la recherche et l’identification de restes humains.

Francesca Albanese, nommée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies en 2022, a déclaré que les conséquences de « l’enlèvement, du broyage et du déplacement constants des décombres à Gaza » sont « profondes ». Selon elle, les décombres contiennent des restes humains et des preuves matérielles essentielles pour enquêter sur des crimes internationaux présumés, notamment le génocide. Selon les estimations des autorités palestiniennes, plus de 10 000 personnes resteraient ensevelies sous les décombres dans l’enclave.

Les décombres peuvent contenir des preuves de crimes

Francesca Albanese a souligné que dans la Gaza dévastée, « les décombres ne sont pas seulement des débris de construction, mais une scène de crime, un cimetière et un registre matériel de ce qui s’est passé pendant la campagne de bombardements brutale et insensée qui a duré deux ans ».

La rapporteuse spéciale, qui ne s’exprime pas au nom de l’ONU, a déclaré avoir reçu en août des informations crédibles provenant de plusieurs sources concernant « l’enlèvement, le broyage et le transport délibérés et massifs de décombres ».

La guerre totale menée par Israël à Gaza, déclenchée par l’attaque du HAMAS contre Israël le 7 octobre 2023, a provoqué des destructions massives sur le territoire de l’enclave. Selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le HAMAS, les bombardements et l’opération terrestre israéliens ont causé la mort de plus de 73 000 Palestiniens, dont de nombreux enfants. Plus de 1 330 personnes sont mortes depuis la conclusion d’une trêve en octobre 2024. Selon les calculs de l’AFP, l’attaque du HAMAS du 7 octobre a fait 1 221 morts.

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Exigences concernant une surveillance indépendante

Francesca Albanese a cité l’exemple de l’inhumation en août de 112 membres d’une même famille civile, dont les restes ont pu être retrouvés sous les décombres de bâtiments à Gaza, détruits par Israël en novembre 2023. Parallèlement, les restes de 41 autres personnes, tuées lors de la même frappe, n’ont jamais été retrouvés.

L’experte a insisté sur le fait qu’avant toute décision de déplacer des personnes ou de broyer les décombres par l’armée d’occupation ou ses alliés, il est nécessaire d’assurer la recherche et l’identification digne des restes humains, de documenter systématiquement les lieux et les matériaux, de préserver les preuves potentiellement importantes et de garantir une chaîne de conservation ininterrompue des preuves sous une surveillance indépendante.

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Elle a appelé les enquêteurs pénaux internationaux à superviser la collecte des preuves et a averti que les pays et les entreprises impliqués dans le déblaiement des décombres « pourraient être tenus pénalement responsables au niveau international » s’ils détruisaient des preuves de crimes internationaux.

Francesca Albanese, qui accuse depuis longtemps Israël de commettre un génocide et d’autres crimes de guerre contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée, a fait l’objet de vives critiques de la part d’Israël et de certains de ses alliés. Elle a souligné : « La destruction de preuves de crimes d’atrocités de masse est illégale ».

Israël n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur les déclarations de Francesca Albanese. Les États-Unis avaient précédemment imposé des sanctions à son encontre après qu’elle ait critiqué la politique de Washington concernant Gaza.

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Source : The Straits Times