Le président syrien Ahmed al-Sharaa a nommé vendredi 28 août son conseiller, l’ancien commandant des forces kurdes dissoutes. Cette nomination témoigne d’un rapprochement entre deux anciens adversaires de la guerre civile.
Pendant plus d’une décennie, Mazloum Abdi a dirigé les forces kurdes Forces démocratiques syriennes (FDS), qui ont collaboré avec les États-Unis dans la lutte contre l’État islamique. Pendant la guerre civile, elles ont établi un contrôle sur des territoires importants dans le nord et l’est de la Syrie, créant une zone semi‑autonome.
Après la destitution de l’ancien président Bachar al-Assad fin 2024 par une coalition rebelle dirigée par Sharaa, le nouveau gouvernement syrien, dirigé par des islamistes, a insisté sur l’intégration des territoires et des institutions contrôlés par les FDS au sein de l’État. Le processus d’intégration a duré plus d’un an, jusqu’à ce qu’une offensive fulgurante des forces gouvernementales syriennes en janvier contre les forces d’Abdi conduise à un accord sur un plan d’intégration des FDS avec les autorités de Damas.
Mardi, Abdi a annoncé que les FDS étaient officiellement dissoutes, saluant le début d’une nouvelle phase « de paix et de participation à la construction d’une nouvelle Syrie ». Sa nomination en tant que conseiller du président Sharaa a été annoncée par un décret présidentiel. Il n’est pas précisé si ce rôle sera purement cérémonial.
INTÉGRATION ET DISSOLUTION DES FDS
Sous la direction d’Abdi, les FDS et les institutions qui leur sont associées ont mis en place un système de gouvernance dans lequel les postes de direction étaient conjointement occupés par un homme et une femme, afin de promouvoir l’égalité. Les FDS ont combattu des groupes ultraconservateurs, notamment l’État islamique et une cellule locale d’Al-Qaïda, autrefois dirigée par Sharaa, avant qu’il ne rompe ses liens avec cette organisation.
Dans le cadre de l’intégration, les combattants des FDS sont intégrés au ministère syrien de la Défense. Cela concerne également des hauts responsables qui avaient auparavant critiqué l’administration syrienne au pouvoir. Pendant les combats de janvier, le commandant kurde Sipan Hamo avait appelé Israël à frapper les forces syriennes. Quelques semaines après l’annonce de l’accord d’intégration, il a été nommé vice‑ministre de la Défense.
La question de l’intégration des femmes combattantes des FDS dans les forces armées du pays, qui ne comptent actuellement aucune femme, n’est pas encore résolue. La Turquie, un proche allié de Sharaa, a salué la dissolution des FDS, qu’elle accusait depuis longtemps d’avoir des liens avec le groupe armé interdit en Turquie, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Source : REUTERS



