Poutine craint une défaite en Ukraine et pour sa vie – The Economist

Selon The Economist, le président russe Vladimir Poutine redoute une défaite en Ukraine et, selon les informations rapportées, aurait déclaré à ses alliés : « Ils me pendront ». Cette remarque, faite lors d’une conversation avec plusieurs de ses collaborateurs, montre son inquiétude face à un danger physique éventuel.

L’hebdomadaire britannique rappelle également les propos de Poutine, prononcés samedi lors d’une réunion dans l’une des universités de Moscou consacrée aux chaînes alimentaires. Le dirigeant russe y a affirmé que les animaux les plus faibles sont dévorés par les plus forts. Les journalistes estiment que cette déclaration révèle la façon dont le leader russe perçoit le monde.

La Russie prépare une escalade

The Economist note que l’armée russe est embourbée sur le front ukrainien et perd chaque mois des dizaines de milliers de soldats. Les attaques réciproques de drones et de missiles épuisent l’Ukraine, mais elles affectent également la Russie. Malgré cela, Poutine ne montre aucun signe de recul. « Il existe des craintes qu’il tente de sortir de l’impasse, comme il l’a fait par le passé, en trouvant un nouveau moyen d’escalader le conflit », écrit la publication.

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Selon The Economist, cela se manifeste par le fait que, en se référant aux attaques de drones ukrainiens de plus en plus efficaces, Poutine a annoncé des frappes encore plus puissantes contre les secteurs les plus vulnérables de l’économie ukrainienne. « Vous avez vous‑mêmes ouvert cette boîte de Pandore. Eh bien, vous recevrez une réponse ciblant les secteurs les plus fragiles de votre économie, qui tient déjà à peine debout », a déclaré le dirigeant russe dans une interview avec Pavel Zarubin, publiée par l’agence de presse « Vesti ».

« Personne ne sait ce qui se cache dans l’esprit de Poutine. Cependant, les raisons qui le poussent à intensifier la guerre, tout comme la décision d’envahir, sont d’ordre interne. Son objectif principal a toujours été de conserver le pouvoir et, en fin de compte, sa vie », écrit The Economist. Parmi les hypothèses concernant ce que le directeur de la CIA John Ratcliffe aurait discuté à Moscou, figure l’idée qu’il a tenté d’ouvrir les yeux du gouvernement russe sur la mauvaise santé de son économie. Si tel est le cas, l’Américain aurait eu beaucoup à dire, note Wacław Radziwinowicz sur Wyborcza.pl.

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Les craintes du Kremlin

The Economist explique que l’une des raisons de l’inquiétude du Kremlin réside dans la disparition du consentement tacite de la société à la guerre. Les attaques ukrainiennes, qui pénètrent de plus en plus profondément en Russie, combinées aux restrictions d’accès à Internet imposées par les services de sécurité, ont détruit l’apparence d’une vie normale. Cela se reflète dans les sondages d’opinion publique.

« Gazeta Wyborcza » a été témoin d’une opération ukrainienne utilisant des drones, au cours de laquelle on a vu à l’écran un drone attaquer l’un des camions russes, tandis que le conducteur sautait de la cabine à la dernière seconde, rapporte Piotr Andrusieczko.

Comme l’évalue l’hebdomadaire britannique, aucun des problèmes économiques ou politiques russes n’est en soi « mortel » pour Poutine, car il dispose de ressources économiques et d’un appareil répressif lui permettant de poursuivre la guerre. Toutefois, la perception de la situation revêt une importance cruciale.

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« Poutine peut exprimer ses objectifs en termes de géopolitique, mais en réalité il est guidé par la logique criminelle de son régime : ne jamais montrer de faiblesse. Le système russe tolère largement la violence, mais ne pardonne pas les défaites », écrit The Economist. La publication ajoute que Poutine estime probablement que mettre fin à la guerre sans atteindre au moins un objectif minimal — la prise de tout le Donbass à l’est de l’Ukraine — le placerait en danger physique.

Selon cette logique, poursuivre la guerre dans sa forme actuelle ne constitue pas une solution, car cela entraînerait uniquement l’épuisement continu des ressources économiques et la perte de capital politique. Ainsi, une escalade pourrait apparaître comme une option attrayante pour le dirigeant russe, selon l’hebdomadaire.