Près de mille ouvriers piégés : au Népal, on tente d’ouvrir des tunnels hydroélectriques inondés

Au Népal, une « course contre la montre » est en cours : les secours tentent d’ouvrir les tunnels inondés de centrales hydroélectriques où des centaines de personnes seraient bloquées. « Notre priorité absolue est d’ouvrir les tunnels », a déclaré lundi 31 août le porte‑parole de l’armée népalaise Raja Ram Basnet.

La semaine dernière, des pluies diluviennes sans précédent ont fait 900 morts, et près de 5 000 personnes sont portées disparues. Les équipes de secours népalaises, épaulées par des experts chinois et indiens, ont intensifié leurs recherches lundi pour atteindre les centaines de personnes qui pourraient encore être en vie dans les tunnels des centrales hydroélectriques.

Selon l’agence nationale de gestion des catastrophes, au moins 933 travailleurs sont toujours portés disparus dans environ six tunnels de centrales hydroélectriques situés dans les deux districts les plus touchés du pays, Rasuwa et Nuwakot, frontaliers avec la Chine.

Les opérations de recherche et de sauvetage sont compliquées par des conditions météorologiques défavorables, la boue et la destruction d’infrastructures critiques, notamment des routes et des ponts. Sur les photos et vidéos diffusées par les secours, on voit des engins de terrassement, sous des projecteurs dans l’obscurité, dégager des décombres de boue et de pierres. Des soldats, équipés de lampes torches, travaillent dans un grand trou creusé, tentant de trouver un passage vers le tunnel.

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Les défis de l’opération de sauvetage

Parmi les 11 sites hydroélectriques touchés par les inondations, chacun représente un défi distinct pour les secours qui tentent de trouver la voie la plus sûre pour y pénétrer, rapporte CNN. Certaines centrales possèdent des tunnels intérieurs de plusieurs kilomètres de long, si bien que les travailleurs bloqués pourraient se trouver loin de l’entrée.

Les recherches sont également compliquées par le fait qu’on ignore combien de personnes se trouvaient dans les tunnels profonds au moment de l’inondation et combien d’entre elles ont pu survivre. Bien que les réserves restantes dans les tunnels pourraient, en théorie, suffire aux travailleurs pendant plusieurs semaines, d’autres dangers subsistent. Le manque d’air pourrait notamment entraîner la mort des personnes piégées. Les salles des turbines pourraient être inondées, créant un risque de noyade. Par ailleurs, les travaux de forage des secours pourraient provoquer une rupture d’eau et mettre en danger les équipes de recherche elles‑mêmes.

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Le boom hydroélectrique et l’aide internationale

Depuis le début du siècle, le Népal connaît une croissance significative du nombre de projets hydroélectriques. Le pays cherche à exploiter ses ressources hydriques dans l’Himalaya pour surmonter son déficit chronique en électricité et étendre ses exportations vers son voisin du sud, l’Inde. Les projets hydroélectriques dans les montagnes népalaises nécessitent la construction de tunnels pour transporter l’eau à travers un relief complexe. Cela permet d’exploiter le dénivelé important entre les rivières himalayennes et les centrales pour produire de l’électricité.

Bien que le Népal ait indiqué ne pas avoir globalement besoin d’aide étrangère pour les opérations de recherche et de sauvetage, le pays utilise l’expertise de ses grands voisins, l’Inde et la Chine, pour mener les travaux de sauvetage dans les tunnels. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que Pékin fournissait régulièrement au Népal des données météorologiques et hydrologiques et continuerait à « soutenir résolument » les efforts du pays pour faire face aux conséquences des catastrophes, ainsi qu’à protéger les intérêts communs des deux États.

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Selon certains experts, l’ampleur de la catastrophe et sa proximité avec la frontière entre le Népal et la Chine devraient inciter les autorités à adopter une approche plus rigoureuse dans la conception, l’emplacement et l’échelle des futurs sites hydroélectriques dans la région.

Le Premier ministre népalais Balendra Shah a qualifié les inondations de « catastrophe naturelle sans précédent et dévastatrice » et a souligné qu’il était actuellement difficile d’évaluer pleinement l’étendue des dégâts subis.

Source : Libération