Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a mis en garde mercredi contre de possibles tentatives de la Russie d’influencer les prochaines élections générales en Italie, qualifiant cela de « question qui concerne l’ensemble de l’Union européenne ».
« On ne peut pas exclure des tentatives d’influencer les élections dans les pays où des scrutins ont lieu », a déclaré Antonio Tajani à son arrivée à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Wicklow, en Irlande. Il a ajouté : « Je n’exclus pas que la Fédération de Russie tente de s’immiscer dans la vie démocratique des pays de l’Union européenne, d’interférer dans les élections libres et démocratiques organisées dans nos pays, et de chercher à influencer la volonté du peuple par ces agissements, qui méritent d’être condamnés. »
Les sondages indiquent que la hausse du coût de la vie, la dégradation du système de santé, la sécurité et l’immigration figurent parmi les principales préoccupations des Italiens avant les élections.
Accusations de « cheval de Troie »
Antonio Tajani a également évoqué un article du quotidien Financial Times (FT) qualifiant le dirigeant du nouveau parti de droite italien National Future, Roberto Vannacci, de « cheval de Troie pour la Russie ». Le ministre des Affaires étrangères a rejeté les affirmations du journal, sans pour autant affirmer catégoriquement qu’elles étaient totalement fausses.
« Le Financial Times peut écrire ce qu’il veut. Il faut toujours prouver ce que l’on avance. J’espère que c’est totalement faux », a-t-il déclaré.
Selon le FT, Roberto Vannacci chercherait à transformer la sympathie envers Moscou, encore répandue dans certaines franges de la société italienne, en un soutien politique, en exploitant notamment les conséquences économiques de la guerre en Ukraine et les sanctions qui y sont liées. L’article cite des analystes qui suspectent un « influence russe » derrière l’ascension politique de l’ancien général.
« Ses positions pro-Kremlin risquent de compliquer la campagne de Giorgia Meloni pour sa réélection, en exploitant les sentiments pacifistes, le mécontentement économique et la sympathie envers Moscou profondément ancrés en Italie », a écrit le journal.
Montée des tensions verbales
Les échanges de réplique entre Rome et Moscou se multiplient et s’intensifient. Lundi, le ministre de la Défense Guido Crosetto a directement répondu à la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, qui avait qualifié de « ridicule » la nomination de l’ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov comme conseiller du ministère italien de la Défense.
« Je comprends qu’ils préféreraient que les décisions concernant l’Italie soient prises par quelqu’un qui les soumettrait d’abord à Moscou », a déclaré Guido Crosetto. « Pour l’instant, ce n’est pas le cas, et nous prenons nos décisions en pensant uniquement à Rome, et non à Moscou, Kiev ou Washington. »
Ce n’est pas la première fois que les deux parties recourent à l’hyperbole dans leur guerre verbale. Il y a un mois, alors que circulaient des rumeurs sur le rôle consultatif alors non confirmé de Mykhailo Fedorov, Maria Zakharova avait ironisé : « Dommage qu’Oussama ben Laden ne soit pas encore en vie : il aurait fait un excellent conseiller du gouvernement italien. »
Source : Euronews



