Jeudi à Lyon, la militante anti‑islam Mila Orriols a été relaxée en appel dans l’affaire du tweet raciste en raison d’une erreur de procédure.
Mila Orriols avait été condamnée en première instance le 16 décembre à une amende de 2 000 euros avec sursis, ainsi qu’au versement de 1 000 euros à la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Cette condamnation faisait suite à la publication, en février 2024, d’un tweet injurieux sur la plateforme X : « Une grande partie des familles maghrébines est très proche sur le plan génétique, et beaucoup présentent des traits du visage marqués et des fronts très petits. Certains migrants, perçus comme étranges, nous agressent quotidiennement dans la rue ». Le message avait été supprimé dix minutes après sa diffusion.
Lors de l’audience en appel, le représentant du parquet, tout en reconnaissant le caractère raciste de ces propos, a demandé la relaxe en invoquant un problème procédural lié à la qualification juridique de l’infraction. Au départ, le parquet avait qualifié les propos d’injures visant personnellement le plaignant, alors qu’ils concernaient en réalité l’ensemble de la communauté maghrébine. C’est cette incohérence qui a été soulignée lors de l’appel.
L’avocate du plaignant, Marine Martens, a déclaré : « Je regrette que, en raison de cette erreur de procédure, Mila puisse encore être considérée comme n’ayant pas commis d’infraction, alors que les faits le démontrent clairement ».
Position de Mila Orriols et de son avocat
Mila Orriols, devenue ces dernières années l’une des figures publiques de l’extrême droite, avait déclaré en octobre 2025, lors de l’examen de l’affaire en première instance : « Je regrette sincèrement d’avoir blessé certaines personnes ». Tout en reconnaissant avoir été « maladroite » dans ses propos, elle défendait « la pleine liberté d’expression ».
L’avocat de Mila, Robinson Barbier, avait qualifié le verdict de première instance de « défaite pour la liberté d’expression ».
De la critique de l’islam au mouvement d’extrême droite
Mila Orriols est devenue connue dans l’espace médiatique en 2020 après avoir été victime d’un long harcèlement en ligne du fait de ses critiques de l’islam. Cette situation l’a notamment contrainte à vivre sous protection policière.
Depuis 2021, plusieurs de ses harceleurs en ligne ont été condamnés, avec des peines allant du sursis à quatre mois de prison assortie d’un contrôle électronique.
Ces dernières années, Mila est devenue l’une des figures publiques de l’extrême droite. En 2024, elle a rejoint le collectif identitaire Némésis, qui se présente comme féministe, et a participé aux universités d’été du parti Reconquête.
Source : Le Parisien



