« Rendre à la Suède sa grandeur » : le Premier ministre de droite veut conserver le pouvoir et promet des postes aux ultradroites

Le Premier ministre suédois sortant Ulf Kristersson espère obtenir un nouveau mandat lors des élections législatives de dimanche, afin de maintenir son bloc de droite au pouvoir. Il a fixé comme objectif de « rendre à la Suède sa grandeur », une formule qu’il a qualifiée, dans un entretien accordé à l’AFP, de clin d’œil au célèbre slogan de Donald Trump.

Selon Ulf Kristersson, depuis son arrivée au pouvoir à l’automne 2022, l’image de la Suède a changé : le pays, autrefois associé aux « fusillades », est désormais lié à « Spotify ». C’est ce qu’il a déclaré lors d’un rassemblement électoral à Stockholm, le vendredi 11 septembre.

Collaboration avec l’extrême droite

Il a confirmé sa promesse d’accorder des postes ministériels aux Démocrates de Suède en cas de victoire, qualifiant cette décision de « pas dramatique ». Il a précisé qu’aucune négociation sur des portefeuilles ministériels spécifiques n’avait lieu avant l’annonce des résultats, tout en soulignant que les quatre partenaires de son bloc politique avaient déjà prouvé leur capacité à travailler ensemble.

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Le Premier ministre a également balayé les inquiétudes concernant l’influence des Démocrates de Suède sur les questions clés de politique étrangère. Selon lui, les positions de son camp sont proches sur la Russie, le soutien à l’Ukraine et l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Il a rappelé que ce sont les deux partis de gauche qui s’étaient opposés à l’entrée du pays dans l’OTAN, alors que tous les partis de son bloc soutiennent fermement l’adhésion à l’Alliance.

Les Démocrates de Suède, devenus la deuxième force politique du pays lors des élections de 2022 avec environ 20 % des voix, réclament désormais des portefeuilles ministériels. Pendant de nombreux mois, le bloc de droite de Ulf Kristersson a été considéré comme l’outsider de ce scrutin, mais il a considérablement réduit l’écart avec l’opposition ces dernières semaines.

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Débats électoraux et risques sécuritaires

Le bloc de centre-gauche d’opposition est mené par Magdalena Andersson, 59 ans, qui axe sa campagne sur l’État-providence et le pouvoir d’achat. Lors d’un débat réunissant les représentants de huit partis jeudi, elle a affirmé que « le mode de vie du citoyen moyen est devenu trop coûteux ».

En réponse, Ulf Kristersson a appelé à ne pas dresser un portrait uniquement négatif de la Suède, affirmant que jamais autant de Suédois n’avaient travaillé le matin et que les entreprises suédoises, notamment dans le secteur technologique, conquéraient les marchés mondiaux. Le débat a également porté sur le logement, le climat, l’éducation, l’emploi et la sécurité.

La campagne se déroule dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire et de proximité géographique avec la Russie. La fondation Expo, qui étudie le développement du mouvement d’extrême droite en Suède, a révélé qu’une collaboratrice des Démocrates de Suède au Parlement avait diffusé à plusieurs reprises de la propagande pro-russe.

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Magdalena Andersson a utilisé cette information lors du débat télévisé pour s’opposer à ce que les Démocrates de Suède obtiennent le contrôle du ministère de la Défense. Elle a déclaré qu’après les élections, le pays pourrait se retrouver avec un gouvernement dont les clés du ministère de la Défense seraient confiées à un parti au sein duquel de nouvelles preuves d’infiltration par des partisans de Vladimir Poutine ont été découvertes, appelant à ne pas prendre un tel risque.

Le chef des Démocrates de Suède, Jimmie Åkesson, qui a affirmé ne pas avoir eu connaissance de ces informations au moment de la publication de l’enquête, a répondu qu’un tel niveau de débat n’avait, selon lui, pas sa place ici.

Source : BFMTV