La France à la traîne : le gouvernement abaisse sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 %

Le gouvernement français a abaissé sa prévision de croissance économique pour 2026 de 0,7 % à 0,5 %, en raison d’une activité économique atone au premier semestre. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a annoncé cette révision vendredi, après une contraction de 0,2 % de l’économie française au premier trimestre et une stagnation au deuxième.

La veille, l’Institut national de la statistique et des études économiques INSEE avait publié des prévisions encore plus pessimistes, ramenant ses attentes de croissance pour 2026 de 0,7 % à 0,4 %. L’institut a averti que l’économie française « perd du terrain ».

À titre de comparaison, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni ont enregistré une croissance économique au cours des deux premiers trimestres de l’année. L’Allemagne a progressé de 0,4 % et 0,3 %, l’Italie de 0,3 % et 0,2 %, l’Espagne de 0,6 % et 0,7 %, et le Royaume-Uni de 0,6 % et 0,4 %.

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La faiblesse de la demande intérieure complique les plans budgétaires

Cette révision à la baisse complique la mise en œuvre des plans budgétaires du gouvernement, qui vise à réduire le déficit de 5,1 % du PIB en 2025 à 5 % en 2026. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a admis précédemment ne pas être « très optimiste » quant à la réalisation de cet objectif.

Selon l’INSEE, « tous les moteurs de la demande intérieure » sont pratiquement à l’arrêt. La consommation des ménages reste faible et les investissements reculent, notamment en raison du ralentissement des projets publics liés au cycle des élections municipales.

L’institut note également que le marché du travail en France « est dans une situation pire que dans les autres pays d’Europe » : le chômage augmente et les salaires progressent lentement. La dégradation des finances publiques limite également les marges de manœuvre pour soutenir l’économie.

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L’inflation augmente, le pouvoir d’achat diminue

L’INSEE anticipe une légère reprise de l’activité économique au second semestre : la croissance pourrait atteindre 0,1 % au troisième trimestre et 0,2 % au quatrième. Toutefois, sur l’ensemble de l’année, la croissance de l’économie française devrait être environ trois fois plus faible que celle des pays voisins de la zone euro et du Royaume-Uni.

La hausse de l’inflation constituera un autre facteur négatif pour les ménages. L’INSEE prévoit qu’elle atteindra 2,9 % d’ici la fin de l’année, contre 2,4 % en août. En raison de la baisse de l’emploi salarié et de la hausse des prix, le pouvoir d’achat des ménages devrait reculer de 0,4 % en 2026, selon l’institut.

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La consommation des ménages, traditionnellement l’un des principaux moteurs de l’économie française, ne devrait progresser que de 0,3 % cette année. Les investissements des entreprises devraient reculer de 0,3 %, et ceux des ménages de 1,3 %.

Parallèlement, Roland Lescure prévoit une croissance de l’économie française de 1 % en 2027. Selon ses estimations, l’inflation s’établira à 2,1 % en 2026 et à 1,8 % l’année suivante.

L’INSEE souligne que les prévisions restent incertaines, notamment en raison de l’impact potentiel des vagues de chaleur sur l’activité économique au troisième trimestre et de l’évolution de la situation au Moyen-Orient. L’institut note également l’impact négatif des fortes chaleurs sur l’agriculture. Le gouvernement français estime que, sans mesures supplémentaires, le changement climatique pourrait réduire le PIB du pays de 3,6 % d’ici 2050.

Source : Euronews