L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, lors d’un déplacement électoral à Alès, a proposé d’instaurer un « état d’urgence pour le narcotrafic ». Selon lui, ce régime pourrait s’appuyer sur des mécanismes législatifs et réglementaires déjà utilisés dans la lutte antiterroriste et qui ont « donné des résultats intéressants ». Le candidat a affirmé vouloir « reprendre le contrôle d’un certain nombre de zones géographiques où le narcotrafic a littéralement échappé à tout contrôle ».
Mesures administratives spéciales
Selon Édouard Philippe, des mesures administratives spéciales pourraient être appliquées dans une zone définie — comme une ville ou une agglomération — pour une durée limitée et sous le contrôle d’un juge. Le maire du Havre a suggéré d’utiliser des outils technologiques non prévus par le droit commun, notamment la « reconnaissance faciale pour interdire l’accès des trafiquants à une zone ». Il a également plaidé pour un élargissement des capacités d’enquête judiciaire afin de porter un coup sévère aux activités des narcotrafiquants.
La visite du responsable politique à Alès est liée à la situation sécuritaire dans la ville. Cet été, le maire Christophe Rivenq (parti LR) a été placé sous protection policière après des menaces répétées attribuées au groupe criminel DZ Mafia.
Lutte contre les flux financiers et la corruption
Le candidat du parti Horizons a également proposé d’accroître les ressources financières pour les territoires d’outre-mer. Il a souligné qu’une partie de la lutte contre le narcotrafic doit se jouer aux Antilles, en Guyane française et à La Réunion, qu’il a qualifiés de « points d’entrée des produits stupéfiants ». Il a préconisé un renforcement de la présence maritime, une augmentation du nombre de navires et la multiplication des opérations.
Il a aussi proposé des sanctions économiques plus efficaces contre les trafiquants, notamment en facilitant la confiscation de leurs biens et en appliquant des peines complémentaires pour les priver de « prestations sociales et de revenus ». Il a par ailleurs plaidé pour la création de « fichiers S », qui permettraient aux structures financières, bancaires et administratives d’identifier les personnes suspectées ou impliquées dans le narcotrafic et de contrôler leurs actifs financiers.
Enfin, il a insisté sur la nécessité de lutter contre le « risque de corruption ». Selon lui, l’argent de la drogue s’accompagne de menaces, de propositions et de corruption. Il a donc soutenu l’idée de signaler à l’employeur public la consommation de stupéfiants par un agent investi d’une autorité publique. Édouard Philippe a reconnu que la consommation de drogues en France est en hausse et devient un « problème de santé publique ».
Source : BFMTV



