Sous l’effet de la chaleur et de la sécheresse, la production de vin en France pourrait atteindre un plus bas depuis 70 ans

La production de vin en France cette année devrait tomber sous la barre des 3,4 milliards de litres, selon les prévisions du gouvernement publiées lundi, en raison de la sécheresse et des vagues de chaleur à répétition qui ont frappé les vignobles à travers le pays. La région Champagne est la plus touchée, avec une baisse de production attendue d’environ la moitié, tandis que le poids moyen des grappes de raisin a atteint son niveau le plus bas depuis 20 ans.

Les conditions météorologiques extrêmes de l’été ont contraint les viticulteurs à avancer considérablement les vendanges. La plupart des domaines ont commencé la récolte dès le mois d’août, les températures exceptionnellement élevées ayant accéléré la maturation du raisin. Le service statistique Agreste du ministère de l’Agriculture a indiqué que « la sécheresse des sols s’est accentuée sur l’ensemble du territoire » et que les vagues de chaleur ont provoqué « des échaudages, des brûlures, des chutes de feuilles et des flétrissements des baies » dans certains vignobles. En Champagne, les viticulteurs ont effectué les vendanges les plus précoces jamais enregistrées, cherchant à récolter avant que l’augmentation du taux de sucre n’entraîne un degré d’alcool potentiel trop élevé.

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Situation dans les régions et conséquences pour l’agriculture

À l’inverse, dans la région viticole du Languedoc-Roussillon, la production devrait augmenter de 5 % par rapport à la faible récolte de l’an dernier, qui était environ 13 % inférieure à la moyenne quinquennale. Malgré ce rebond, la production y restera cette année inférieure de 8 % à la moyenne. Selon Agreste, les conditions étaient initialement prometteuses : la vigne se développait bien et le niveau de maladies restait faible. Cependant, comme l’a noté le service, « les conditions estivales chaudes et sèches ont dégradé ce potentiel ».

Si ces estimations se confirment, le volume de production de vin en France cette année sera inférieur à 3,4 milliards de litres, soit le niveau le plus bas depuis 1957, un minimum en près de 70 ans.

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L’impact de la chaleur estivale s’est étendu à d’autres cultures. Selon un rapport de l’organisation agricole Copa‑Cogeca publié la semaine dernière, les pertes de maïs ont atteint 50 à 70 % en Slovénie, 40 % en France et 20 à 25 % en Italie, grimpant jusqu’à 70 % dans certaines zones non irriguées. En Croatie, une baisse de la production de fruits et de raisin d’environ 30 % est attendue.

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La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé les pertes économiques liées à la chaleur estivale entre 10 et 15 milliards d’euros, soit jusqu’à 0,5 % du PIB. Vendredi, Paris a annoncé le déblocage de plus d’1 milliard d’euros d’aide d’urgence aux agriculteurs, mais les organisations agricoles jugent ce paquet insuffisant.

Source : Politico