Le milliardaire et fondateur de fonds spéculatif Chris Rokos quitterait le Royaume-Uni pour s’installer en Grèce, inquiet d’une possible augmentation de la fiscalité dans le prochain budget d’automne. La fortune de Chris Rokos est estimée à environ 2,6 milliards de livres sterling. Selon le Sunday Times Tax List 2026, il figure au troisième rang des plus gros contribuables du pays, ayant versé près de 330 millions de livres sterling au Trésor l’an dernier.
Originaire de Londres, il a fondé Rokos Capital Management en 2015. Depuis, il a transformé ce fonds spéculatif en une société d’investissement internationale gérant environ 20 milliards de dollars d’actifs.
Selon Bloomberg, Chris Rokos pourrait être la première personnalité fortunée à quitter le Royaume-Uni alors que le ministre des Finances John Healey prépare un nouveau plan de dépenses publiques.
Politique fiscale et réaction des autorités
Le gouvernement travailliste a mis en place plusieurs mesures ciblant les citoyens les plus riches, notamment la suppression de niches fiscales liées aux trusts pour les non‑résidents et l’augmentation des droits de mutation pour ces mêmes profils. Cette politique a déjà provoqué le départ de plusieurs personnalités fortunées, dont le milliardaire de l’acier Lakshmi Mittal.
Parallèlement, les pays de l’UE cherchent activement à attirer les milliardaires britanniques en proposant des avantages fiscaux. La Grèce est devenue une destination prisée depuis l’instauration en 2019 d’un impôt forfaitaire de 100 000 euros par an sur les revenus mondiaux pour les résidents fiscaux étrangers fortunés. Ces derniers doivent toutefois investir au moins 500 000 euros dans des actifs grecs.
L’Italie attire également les entrepreneurs étrangers fortunés grâce à des avantages fiscaux sur les revenus perçus à l’étranger, en échange d’une contribution annuelle de 100 000 euros.
Avis des responsables politiques
Le chancelier de l’Échiquier Andrew Griffith a qualifié le départ de Chris Rokos de mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni. Il a souligné que Chris Rokos est le troisième plus gros contribuable du pays et qu’il a apporté une contribution importante à des projets caritatifs et éducatifs. « Encore un créateur de richesse et d’emplois qui quitte la Grande-Bretagne, ce qui signifie moins d’opportunités pour les jeunes et des coûts plus élevés pour le reste d’entre nous », a-t-il déclaré.
De son côté, le ministre du Travail et des Retraites Peter Kyle a affirmé sur Sky News que le Royaume-Uni reste « un endroit formidable pour développer une entreprise ». Selon lui, le pays figure parmi les meilleurs au monde pour vivre et travailler, la créativité et l’innovation constituant des atouts nationaux majeurs.
Lors de sa première intervention majeure en tant que ministre des Finances, John Healey a refusé d’exclure de nouvelles hausses d’impôts. Il a rappelé que le Royaume-Uni subit encore la « pénalité Truss », en référence aux conséquences économiques du mini‑budget présenté par l’ancienne Première ministre Liz Truss en 2022.
John Healey a toutefois ajouté que l’économie britannique « commence à changer pour le meilleur » grâce à des perspectives optimistes, tout en reconnaissant la « nécessité de contrôler les dépenses publiques ».
Interrogé sur une éventuelle hausse d’impôts, John Healey a indiqué ne pas vouloir réagir aux spéculations, car cela ne ferait qu’alimenter de nouvelles rumeurs. Il a précisé que chaque ministre des Finances annonce ses plans lors de la présentation du budget.
Source : The Independent UK



