Le président argentin Javier Milei annule sa visite à Londres sur fond de tensions liées aux îles Malouines

Le président argentin Javier Milei a annulé son voyage à Londres, initialement prévu pour fin octobre, dans un contexte de crise diplomatique avec le Royaume-Uni concernant la souveraineté des îles Malouines (îles Falkland), un archipel disputé par les deux pays depuis près de 200 ans.

Cette visite au Royaume-Uni figurait dans l’agenda de Javier Milei depuis le début de son mandat, à une époque où l’archipel ne constituait pas une priorité de sa politique étrangère. Toutefois, le voyage a été définitivement annulé dans l’après‑midi du 10 septembre. Cette décision a été confirmée par une source gouvernementale au journal Folha de S.Paulo.

Le gouvernement n’a fourni aucune explication sur ce revirement soudain. La décision intervient une semaine après une allocution télévisée de Javier Milei, au cours de laquelle il a affirmé que les îles Malouines appartenaient à l’Argentine « par l’histoire et par le droit », tout en annonçant des mesures plus strictes contre les atteintes à la souveraineté du pays.

Depuis, les autorités argentines ont annoncé l’ouverture de procédures de sanctions contre 60 entrepreneurs et entreprises pour l’exploitation de ressources naturelles sur l’archipel, ont indiqué des poursuites pénales contre des compagnies pétrolières opérant sur les îles, et ont précisé que le développement d’une base navale sera une priorité du budget 2027.

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Trump et la coopération militaire avec l’Argentine

L’un des principaux moteurs de ce revirement diplomatique de Javier Milei est son allié Donald Trump. Au début de la semaine dernière, l’ancien président américain a déclaré qu’il n’excluait pas de revoir la neutralité de Washington sur la question de la souveraineté de l’archipel.

Les médias américains avaient déjà évoqué cette possibilité après le différend entre Donald Trump et le Royaume-Uni au début de l’année, qui portait sur la position jugée indécise de Londres face à la guerre menée par Washington contre l’Iran.

Le jeudi 10 septembre, le département d’État américain a approuvé la vente potentielle à l’Argentine d’hélicoptères et d’autres équipements militaires, pour une valeur estimée à 140 millions de dollars.

La Grande-Bretagne durcit le ton sur les îles

Le Royaume-Uni a déjà réagi aux déclarations de Javier Milei. Le 4 septembre, au lendemain de son discours, le ministre de la Défense du Royaume-Uni Wes Streeting a affirmé que l’engagement du pays envers les îles Malouines était « absolu et inébranlable ».

Le 9 septembre, le Premier ministre du Royaume-Uni Andy Burnham a déclaré devant le Parlement qu’il respecterait toujours la volonté des habitants des îles. Lors du référendum de 2013, 99,8 % de la population avait voté pour le maintien du statut des îles en tant que territoire britannique d’outre‑mer.

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« Nous serons impitoyables dans la défense de cela », a affirmé Andy Burnham. Interrogé sur le budget de la défense, il a également promis d’augmenter les financements, assurant que le gouvernement fournirait les ressources nécessaires.

Le débat sur l’augmentation des dépenses de défense britanniques ne se limite pas aux nouvelles tensions autour des îles Malouines. Donald Trump critique régulièrement les alliés européens, notamment le Royaume-Uni, pour ce qu’il considère comme des contributions insuffisantes à l’OTAN comparées à celles des États‑Unis.

L’intention du Royaume-Uni d’accroître ses dépenses militaires était déjà annoncée avant la crise actuelle. En juin, peu avant de quitter ses fonctions, le Premier ministre de l’époque Keir Starmer avait présenté le plus important plan d’investissement de défense depuis la guerre froide, soit 15 milliards de livres sur les quatre prochaines années.

Cette question revêt désormais une nouvelle importance. La semaine dernière, l’ancien Premier ministre Boris Johnson a appelé, dans une tribune du Daily Mail, Andy Burnham à affirmer fermement que les îles Malouines sont britanniques et à démontrer la capacité pratique d’honorer cet engagement, notamment en envoyant des renforts.

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« Peu importe qu’il s’agisse d’avions, de troupes ou de navires supplémentaires. Les Argentins doivent comprendre dès maintenant que le Royaume-Uni a un engagement profond et inébranlable à défendre la démocratie », a écrit Boris Johnson, rappelant le référendum où les habitants des îles avaient choisi le maintien de l’administration britannique.

Ce même Boris Johnson avait rencontré Javier Milei en 2024 lors d’un voyage dans plusieurs pays de la région pour promouvoir ses mémoires. Après un entretien de plus d’une heure, le politicien britannique aurait promis d’organiser pour Javier Milei une rencontre avec Mick Jagger, dont le président argentin est un grand admirateur.

Dans sa tribune du Daily Mail, Boris Johnson a qualifié Javier Milei d’« anglo‑phile et thatchérien », faisant allusion à son admiration pour l’ancienne Première ministre du Royaume-Uni Margaret Thatcher, qui dirigeait le gouvernement lors de la guerre des Malouines en 1982.

Boris Johnson a précisé qu’il ne croyait pas que Javier Milei souhaite entrer en conflit avec le Royaume-Uni sur ce dossier. Il a toutefois suggéré qu’une campagne de réélection difficile pourrait pousser le président argentin à exploiter le sentiment nationaliste.