61 % des Français qualifient leur pouvoir d’achat de « mauvais », et 10,9 % de « très mauvais ». C’est ce que révèle la sixième enquête réalisée par Appinio pour le magazine spécialisé LSA, publiée le lundi 14 septembre. En 2022, ce sentiment n’était partagé que par 38 % des sondés.
L’un des facteurs ayant exacerbé ce ressenti est la tension entre l’Iran et les États‑Unis fin février, qui a provoqué une flambée des prix du carburant.
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique de l’enseigne E.Leclerc, a déclaré ne pas être surpris par ces résultats. Selon lui, une partie des Français ressent un « sentiment de déclassement » croissant, et plus d’un million de personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté depuis 2020.
Parmi les signes les plus marquants de la hausse du coût de la vie, les Français citent la cherté de la vie en général — 87,4 % contre 82,3 % en 2023, la hausse des prix alimentaires — 86,1 % contre 81,5 %, les difficultés à épargner — 67,5 % contre 64,5 %, ainsi que les difficultés à boucler les fins de mois — 56 % contre 52,3 % l’année précédente.
Les Français revoient leurs habitudes de consommation
Selon l’étude, en matière d’alimentation, les consommateurs sont de plus en plus contraints de faire des arbitrages : ils réduisent leurs achats de viande, de produits laitiers, de fruits et de légumes. L’alimentation pour animaux de compagnie fait exception. Les Français limitent également leurs dépenses liées aux voyages, aux loisirs et à l’aménagement de leur logement.
Jean-Yves Lafont, directeur général d’Appinio, a souligné que les Français semblent s’être installés dans une gestion durable des contraintes liées au pouvoir d’achat. D’après lui, ils ne consomment pas nécessairement moins, mais remettent en question chaque dépense, comparent les prix et cherchent à optimiser leurs achats.
Les consommateurs se tournent davantage vers les enseignes discount et privilégient les marques moins chères. Ils souhaitent limiter le gaspillage sans réduire les quantités ni sacrifier la qualité, et s’intéressent de moins en moins aux produits dont la date de péremption approche.
L’une des surprises de l’étude est le recul de l’intérêt pour les produits d’occasion. Moins de Français sont disposés à acheter de l’électroménager ou des meubles de seconde main, à réparer leurs objets ou à les louer. Parallèlement, l’impact de leur consommation sur la société les préoccupe peu : seuls 49 % affirment prendre en compte les conséquences économiques, et 46 % l’impact sur la planète.
Pouvoir d’achat et élection présidentielle de 2027
L’inquiétude des Français concernant leur pouvoir d’achat se distingue de celle des autres pays européens. D’après une étude de l’Observatoire Cetelem menée début 2026, le moral des Français est évalué à 4,7 sur 10. La moyenne des dix pays européens étudiés dépasse 5 sur 10, et atteint près de 6 sur 10 dans des pays comme la Pologne, le Portugal et la Suède.
Jean-Yves Lafont prévient que ce pessimisme pèsera sur l’élection présidentielle. Thierry Cotillard, président du Groupement Les Mousquetaires, a insisté sur le fait que le défi économique majeur n’est plus seulement de freiner l’inflation, mais de restaurer la confiance. Selon lui, sans confiance, les Français se limitent au strict nécessaire, reportent leurs autres dépenses et épargnent davantage par crainte de nouveaux chocs.
Parmi les attentes pour l’élection présidentielle de 2027, l’une des plus fréquentes est le souhait d’« améliorer notre pouvoir d’achat et notre niveau de vie ». 41,8 % des sondés estiment que le futur président sera en mesure d’améliorer leur pouvoir d’achat. Près de 82 % considèrent cette question comme « très importante » ou « déterminante » pour leur vote.
L’étude Appinio a été réalisée en France du 26 au 29 août 2026 auprès de 1 000 répondants âgés de 18 à 65 ans.
Source : BFMTV



