Le parti Reform UK a été accusé de chercher à « détourner » l’attention des électeurs du scandale entourant son financement, après le lancement d’un jeu mobile sur la lutte contre les embarcations de migrants. Le jeu, intitulé Small Boat Scramble, a été présenté lundi par le parti de Nigel Farage, une initiative qualifiée de « gadget et de farce » par ses opposants politiques.
Dans ce jeu, les participants dirigent un navire de la Royal Navy (la marine britannique) chargé d’intercepter des bateaux de migrants en route vers la Grande-Bretagne. Selon les représentants du parti, les joueurs devront affronter « de petites embarcations, des méga‑canots et, de temps à autre, une Boriswave ». Le joueur qui obtiendra le meilleur score au cours du mois prochain remportera 5 000 £.
Le scandale financier autour de Reform UK
Le lancement du jeu intervient dans un contexte de vives interrogations sur deux dons de 36 millions de livres sterling chacun, effectués par les milliardaires de la cryptomonnaie Ben Delo et Christopher Harborne, révélés le week‑end dernier.
Des questions ont été soulevées quant à la légalité de ces dons, les deux donateurs pouvant être soumis aux restrictions imposées aux donateurs étrangers par le projet de loi Representation of the People Bill.
Le Parti travailliste britannique a accusé Reform UK d’avoir lancé ce jeu pour tenter de « détourner l’attention du scandale et des accusations qui frappent Reform UK ». Un porte‑parole du Parti travailliste a déclaré que le gouvernement renforçait la lutte contre les traversées de la Manche par de petites embarcations, précisant que le nombre d’arrivées cet été était le plus bas depuis six ans.
Le même interlocuteur a ajouté que Nigel Farage cherchait à nouveau à faire passer la polémique financière sous silence, tout en détournant l’attention des multiples enquêtes policières portant sur les finances du parti.
Parallèlement, Reform UK a lancé l’application SmallBoatWatch, qui permet de suivre le nombre quotidien de migrants traversant la Manche. Le porte‑parole du parti pour les affaires intérieures, Zia Yusuf, a expliqué que cet outil donne au public la possibilité de constater par lui‑même l’ampleur du problème, ajoutant que Small Boat Scramble permet de « s’amuser un peu avec un problème très sérieux ».
La position de Nigel Farage sur les dons
Nigel Farage a reconnu que les dons, totalisant 72 millions de livres sterling, pourraient s’avérer illégaux en vertu des futures modifications législatives visant à limiter le financement politique étranger.
Le projet de loi Representation of the People Bill aura un effet rétroactif au 25 mars et s’appliquera également aux dons effectués au cours de la première année suivant le retour d’une personne en Grande‑Bretagne. Cela a soulevé des questions concernant le lieu de résidence des deux donateurs.
Ben Delo résidait à Hong Kong, mais a déclaré en avril qu’il reviendrait en Grande‑Bretagne pour contourner les restrictions imposées aux donateurs étrangers. Christopher Harborne résidait auparavant en Thaïlande, avant de s’inscrire, selon certaines informations, sur les listes électorales du comté de Hampshire en juin.
Lundi, Nigel Farage a déclaré à la BBC (le service public de radiodiffusion britannique) que, selon la législation actuelle, les deux dons sont légaux, tout en suggérant qu’ils pourraient être jugés irrecevables après le changement de loi.
« Ces deux dons sont conformes à 100 % à la législation actuelle, il n’y a aucun doute là‑dessus », a affirmé Nigel Farage.
Interrogé sur la résidence au 25 mars de Ben Delo et Christopher Harborne, statut qui pourrait influencer la légalité de leurs dons, Nigel Farage a refusé de préciser les circonstances exactes, rappelant que, selon la loi en vigueur, les deux contributions respectent les exigences légales.
Nigel Farage a également indiqué que, si les dons étaient rétroactivement invalidés, Reform UK plaiderait pour une limitation du financement des partis politiques par les syndicats, ce qui porterait un coup dur au Parti travailliste.
Source : The Independent UK



