Le gouvernement fédéral du Canada a dévoilé lundi sa stratégie énergétique nucléaire, qui prévoit la construction de 10 nouveaux réacteurs nucléaires et le renforcement du potentiel d’exportation du secteur.
Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Tim Hodgson, a déclaré lors d’une conférence de presse à Newmarket : « Notre stratégie énergétique nucléaire est ambitieuse, et elle doit l’être. L’ampleur des opportunités disponibles est extrêmement grande, et j’espère que vous en prenez conscience. Ce n’est pas une opportunité qui devrait nous effrayer, mais plutôt nous rappeler qui nous sommes en tant que Canadiens », a-t-il ajouté, selon le journal canadien National Post.
Stratégie et conflit d’intérêts
Les responsables ont indiqué que la stratégie n’a pas été présentée au Premier ministre du Canada, Mark Carney, en raison des règles de conflit d’intérêts. Auparavant, Carney était président du conseil d’administration de Brookfield Asset Management, qui, en partenariat avec la société Cameco, a acquis en 2023 Westinghouse Electric, l’une des plus grandes sociétés nucléaires mondiales, étroitement liée à la chaîne d’approvisionnement nucléaire canadienne. Mark Carney possède toujours des actifs liés à Brookfield, qui sont actuellement placés dans un fonds fiduciaire indépendant pendant son mandat de Premier ministre.
Cette stratégie complète l’intention du gouvernement fédéral de doubler la capacité du réseau électrique canadien d’ici 2050. Bien que la stratégie ne prévoie pas de nouveau financement, le gouvernement a annoncé qu’il publierait d’ici avril 2027 une politique définissant les conditions du soutien fédéral et les instruments de financement disponibles pour les nouveaux projets nucléaires.
Développement du secteur nucléaire
L’énergie nucléaire a été présentée comme une composante clé de la stratégie énergétique du gouvernement, annoncée le mois dernier. Hodgson a ajouté : « En termes simples, si notre objectif est de doubler le réseau électrique et d’atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, il n’existe pas de plan fiable pour le Canada pour y parvenir sans l’énergie nucléaire et la puissance de base propre et fiable qu’elle fournit ».
Le plan vise à tirer parti de ce qui est décrit comme un « renouveau nucléaire mondial », compte tenu des avantages structurels du Canada dans ce secteur. Hodgson a noté que si les provinces mettent en œuvre leurs plans nucléaires, le nombre d’employés dans le secteur pourrait doubler, passant de 90 000 à 180 000 emplois au cours des prochaines décennies.
Actuellement, le Canada possède 17 réacteurs nucléaires, qui génèrent environ 15 % de l’électricité du pays. Deux réacteurs sont en cours de construction et devraient être mis en service d’ici 2035, en plus de 5 autres réacteurs prévus d’ici 2040. La plupart de ces réacteurs sont situés dans la province de l’Ontario, tandis qu’un réacteur en service se trouve dans la province du Nouveau-Brunswick.
L’un des principaux objectifs de la stratégie, annoncée lundi, est de faciliter la construction de jusqu’à 10 nouveaux grands réacteurs nucléaires au Canada, dont l’un sera situé en dehors de la province de l’Ontario. La stratégie vise également à moderniser le réacteur CANDU (un type de réacteur nucléaire développé au Canada, fonctionnant à l’uranium naturel) d’ici 2030. Un haut responsable gouvernemental a déclaré que le dernier réacteur de ce type avait été construit dans les années 1990, et que depuis, les normes et les réglementations ont évolué suite à l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima-Daiichi au Japon en 2011.
La stratégie vise également à doubler les exportations d’uranium d’ici 2040. Selon le ministère des Ressources naturelles du Canada, le Canada se classe au deuxième rang mondial pour la production et l’exportation d’uranium. La province de Saskatchewan abrite la majorité des gisements d’uranium du pays, ainsi que plusieurs usines de transformation appartenant à la société Cameco Corporation.
Source : Sky News Arabia

