L’Union européenne accuse Instagram et Facebook de violations des règles et menace de sanctions pouvant atteindre 12 milliards de dollars. Bruxelles reproche également à Meta de ne pas tenir compte des données concernant l’utilisation nocturne de Facebook et Instagram par les mineurs, ainsi que de l’impact de l’optimisation de leurs formats — Reels et Stories — qui «peut conduire à une utilisation compulsive ou excessive de ces services».
Ganna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, en charge de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, a déclaré ce vendredi que «la protection du bien-être physique et mental des Européens doit être une priorité pour les plateformes de réseaux sociaux. Le Digital Services Act fournit une base claire pour contrôler le comportement de ces plateformes à travers leurs designs addictifs et l’impact de leurs services». La Commission, face à des entreprises soutenues par la Maison Blanche, réaffirme : «Nous sommes pleinement engagés à appliquer notre législation en Europe».
Les mesures inefficaces de Meta et les exigences de l’UE
La société Meta affirme avoir mis en place des mesures pour atténuer ces risques, mais la Commission européenne soutient que les preuves «indiquent que les mesures actuelles de Meta pour atténuer les risques ne sont pas capables de lutter efficacement contre les risques de design addictif». Le rapport cite des exemples : Facebook et Instagram disposent d’outils de contrôle du temps, certains étant activés par défaut pour les adolescents, «mais ils peuvent être désactivés et ne conduisent pas à une réduction significative du temps d’utilisation».
De plus, la Commission européenne estime que le contrôle parental sur les plateformes de Meta «n’est efficace que si les parents possèdent les connaissances techniques appropriées et le temps nécessaire pour bien comprendre comment cela fonctionne». Comme le souligne l’acte d’accusation de Bruxelles contre le géant de Mark Zuckerberg — l’un des hommes les plus riches du monde et partisan de Donald Trump depuis son retour au pouvoir — «cela limite l’efficacité de ces mesures pour contrer les risques inhérents du design addictif». Bruxelles présente des exigences à l’entreprise américaine : «À ce stade de l’enquête, la Commission européenne estime que Meta doit apporter des changements à la conception des deux plateformes, Instagram et Facebook. Par exemple, désactiver les outils addictifs, tels que la lecture automatique des vidéos et le défilement infini».
La Commission européenne rappelle à Meta que l’entreprise peut faire appel, consulter les documents de l’enquête et fournir une réponse écrite avec ses arguments. Cela n’exempte pas l’entreprise de la nécessité d’apporter les changements exigés par la Commission européenne. Bruxelles souligne que l’enquête est toujours préliminaire, et si elle est confirmée, cela pourrait conduire à une amende équivalente à 6 % des revenus mondiaux (non des bénéfices) de Meta. L’année dernière, le chiffre d’affaires de l’entreprise a dépassé 200 milliards de dollars, donc l’amende pourrait atteindre environ 12 milliards de dollars. La Commission note également que l’enquête est plus complexe, car elle inclut un système (que Bruxelles considère comme inefficace) mis en place par Meta pour empêcher l’utilisation de ses plateformes par les mineurs de moins de 13 ans. La décision préliminaire concernant ces mesures a été publiée le 29 avril et contredit également les intérêts de l’entreprise.
Source : Clarín



