L’UE impose des sanctions contre le groupe de hackers Turla lié au FSB

L’Union européenne a imposé lundi des sanctions à l’encontre de membres d’un groupe de hackers associé au Service fédéral de sécurité de la Russie (FSB), qu’elle tient pour responsable d’espionnage et de cyberattaques visant des cibles dans l’UE et en Ukraine depuis au moins 2010.

Selon l’UE, une unité du FSB supervisait les activités du groupe de hackers d’État Turla, qui a ciblé des gouvernements, des infrastructures critiques et des secteurs stratégiques à travers l’Europe. Cette déclaration a été faite par le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères. Il a également été précisé que le FSB coordonnait les attaques menées par des cybercriminels, des entreprises privées et des soi-disant «hacktivistes», entraînant «perturbations et pertes financières».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé sur la chaîne BFMTV lundi matin que la France convoquera également l’ambassadeur de Russie en raison des campagnes de piratage.

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Extension des sanctions et attaques spécifiques

Cette dernière extension de la liste des sanctions s’inscrit dans le cadre du régime de cyber-sanctions de l’UE, mis en place pour la première fois en 2020 contre des officiers du GRU russe impliqués dans des cyberattaques, notamment la propagation mondiale du logiciel malveillant NotPetya et le piratage du Bundestag allemand.

Bruxelles a également élargi la liste des personnes sanctionnées, en y ajoutant des officiers supplémentaires du GRU pour des cyberattaques contre l’Estonie. De plus, des sanctions ont été imposées à des individus impliqués dans l’agression hybride de la Russie, y compris des actes de sabotage et des campagnes de désinformation.

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Selon le gouvernement français, le groupe Turla a compromis en 2017 les systèmes de messagerie électronique non classifiés du ministère français de la Défense, a pénétré l’année suivante dans l’ambassade de France à Moscou, et a volé en 2025 des secrets industriels d’une entreprise high-tech. Les responsables français accusent également le groupe d’avoir utilisé des infrastructures tierces, y compris des capacités cyber offensives liées à l’Iran, pour dissimuler l’origine de leurs opérations.

«Ces opérations ciblent des militaires, des entreprises et des opérateurs et visent soit à intercepter des communications, soit à saboter des opérations… par exemple, des infrastructures ferroviaires, comme ce fut le cas en Pologne», a déclaré Barrot. Selon l’UE, l’unité du FSB était également à l’origine d’une opération de sabotage contre des infrastructures critiques en Pologne, y compris des centrales de chauffage.

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Nouvelles restrictions pour les entreprises technologiques

Les nouvelles sanctions prévoient une interdiction d’entrée et un gel des actifs pour les personnes physiques et morales inscrites sur la liste des sanctions. Elles s’étendent également aux entreprises technologiques russes soutenant les services de renseignement, notamment Advanced System Technology (AST) et NPP Gamma, qui se verront désormais interdire de faire des affaires dans l’UE.

La société AST est sous sanctions des États-Unis depuis 2021. Le Royaume-Uni a également annoncé lundi l’imposition de sanctions à l’encontre de 24 personnes physiques et morales liées aux services de renseignement russes.

Source : Politico