200 migrants ont été expulsés de Ceuta après leur arrestation dans cette ville autonome pour suspicion de commission de divers crimes, a annoncé lundi le ministre Ángel Víctor Torres, responsable du commandement unifié chargé de la gestion de la crise migratoire à Ceuta.
Selon le parquet général espagnol, 23 agressions sexuelles ont été enregistrées à Ceuta au cours du dernier mois. Cependant, seules huit personnes ont été identifiées comme présumés agresseurs : quatre Marocains, trois Espagnols et un Belge. D’après le parquet, cinq de ces agressions étaient des viols, et neuf des victimes étaient des mineurs âgés de 14 à 17 ans.
Renforcement du système judiciaire et lutte contre la criminalité
Le chiffre avancé par le ministre Torres est le double de celui communiqué vendredi dernier par le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui évoquait alors 100 personnes expulsées pour suspicion de crimes. Des sources de son ministère avaient précisé que trois d’entre elles avaient des antécédents judiciaires liés au djihadisme. Lundi, Ángel Víctor Torres a annoncé que 200 expulsions avaient eu lieu.
Lundi, le gouvernement espagnol a approuvé un deuxième renforcement des effectifs du Tribunal de première instance de Ceuta. Un nouveau juge rejoindra le tribunal pour traiter les affaires liées aux violences contre les femmes, a indiqué le ministère de la Justice.
Le ministre de la Politique territoriale, lors d’un entretien accordé à Antena 3, a assuré que les autorités espagnoles étaient « absolument intransigeantes » face à la criminalité à Ceuta. Selon le gouvernement, environ 5 000 des 80 000 migrants arrivés du Maroc fin juillet se trouvent encore dans la ville.
Le parquet général a également signalé une augmentation des « crimes contre les biens », ainsi que des infractions liées aux agressions contre les représentants de l’autorité et à la résistance à ceux-ci. Jeudi dernier, alors que 16 agressions sexuelles avaient été enregistrées à Ceuta, la procureure générale Teresa Peramato a souligné la « vulnérabilité particulière » des mineurs migrants présents dans la ville.
La Délégation gouvernementale contre la violence de genre à Ceuta a activé, le 4 août, un plan d’urgence. Son objectif est de renforcer l’aide et la protection des femmes et des filles migrantes arrivées à Ceuta après le 30 juillet. Le gouvernement a également collaboré avec des organisations non gouvernementales sur place pour informer les migrants de l’existence du service 016, qui offre une assistance en 53 langues, rapporte Europa Press.
Le ministère de l’Égalité a indiqué qu’il coordonnait en permanence ses actions avec le gouvernement de Ceuta pour garantir tous les « outils de protection », y compris un Centre de crise ouvert 24 heures sur 24, qui dispose de 14 places pour accueillir les victimes de violences sexuelles. La ministre de l’Égalité, Ana Redondo, a expliqué lundi au Congrès que, à l’issue des discussions avec le gouvernement de Ceuta, il avait été convenu de prolonger la prise en charge des victimes au-delà des 72 heures habituelles.
Par ailleurs, le Conseil général du pouvoir judiciaire espagnol a lancé la procédure de nomination d’un juge pour renforcer le Tribunal de première instance de Ceuta et soutenir le bureau judiciaire compétent en matière de violences contre les femmes. Le délai de dépôt des candidatures pour ce poste s’est achevé vendredi dernier à 23 h 59, et le gouvernement a approuvé le renforcement du tribunal lundi, a précisé le ministère de la Justice.
Source : 20minutos



