D’ici 2040, la Russie pourrait exercer un contrôle direct ou indirect sur un tiers de la production mondiale d’uranium. Selon le Financial Times, c’est la conclusion à laquelle sont parvenus les analystes du Centre for Strategic Advantage (CSA), un centre de réflexion britannique.
Si l’on ne prend en compte que l’uranium extrait sur le territoire de la Russie, sa part de marché mondiale ne représentait qu’environ 5 % en 2024. Cependant, la société Uranium One, filiale de « Rosatom », extrait de l’uranium au Kazakhstan, en Tanzanie et en Namibie, et a récemment conclu un accord avec le Niger.
En incluant ces capacités étrangères, le CSA estime que la Russie contrôlait près d’un quart de la production mondiale d’uranium en 2024. Selon les prévisions des analystes, ce chiffre pourrait atteindre 36 % d’ici 2040.
Les risques de la dépendance énergétique
L’analyste du CSA Gareth Haywood a déclaré : « D’ici 2040, nous pourrions être aussi dépendants de l’uranium extrait en Russie que nous l’étions du pétrole et du gaz russes en 2022. »
Ces dernières années, les pays occidentaux ont réduit leurs investissements dans l’exploitation des gisements d’uranium en raison de la faiblesse des prix mondiaux et d’une demande modérée. Toutefois, le CSA estime que la demande mondiale en uranium pourrait augmenter dans les années à venir.
Les acteurs du secteur réclament des garanties gouvernementales avant de s’engager dans des investissements à long terme pour accroître leur production. La société Urenco, dont les gouvernements des Pays-Bas et du Royaume-Uni détiennent une participation majoritaire, a notamment déclaré que les entreprises souhaitaient recevoir un « signal clair » de la part des autorités confirmant que l’énergie nucléaire restera un pilier de la stratégie de sécurité énergétique sur le long terme.
La Russie était le principal fournisseur d’uranium des centrales nucléaires commerciales des États-Unis. En mai 2024, les autorités américaines ont interdit l’importation d’uranium russe, tout en prévoyant des dérogations autorisant les importations jusqu’en 2028. Les sanctions américaines ne s’appliquent pas à l’uranium extrait par Uranium One en dehors de la Russie. De son côté, l’Union européenne n’a pas interdit l’importation d’uranium russe.
Source : Meduza



