France : la Russie tente d’intimider l’UE après une frappe près de la frontière polonaise

La France et l’Union européenne ont condamné la frappe russe contre un train de voyageurs se dirigeant vers la Pologne, à deux kilomètres de la frontière polonaise. Cette attaque a ravivé les craintes d’une extension du conflit vers le territoire de l’UE et de l’OTAN.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que les frappes russes en Ukraine le week-end dernier avaient un « objectif clair : intimider les Européens, les décourager, mais aussi les diviser ». Ces attaques sont survenues alors que se tenait en Ukraine un forum économique d’envergure, réunissant des représentants d’entreprises et des diplomates étrangers.

La haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, a également affirmé que ces frappes visaient à « effrayer » les pays occidentaux pour les pousser à cesser leur soutien à l’Ukraine. Elle a appelé les alliés à faire « tout le contraire ».

Dimanche, un drone russe a touché la locomotive d’un train de voyageurs PKP Intercity en route vers Varsovie, à environ deux kilomètres de la frontière polonaise. Les 206 passagers à bord sont indemnes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié l’attaque de « délibérée ».

Réaction à l’escalade

Mark Rutte, ancien Premier ministre des Pays-Bas, a qualifié les actions de la Russie d’acte de désespoir. « La frappe contre un train de passagers en Ukraine hier montre à quel point le président russe Vladimir Poutine est devenu désespéré. Il pense pouvoir nous empêcher de soutenir l’Ukraine et saper notre unité. Il se trompe. Notre réponse est d’accroître notre soutien », a déclaré Mark Rutte à la presse.

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Cette ligne ferroviaire est régulièrement empruntée par des responsables étrangers se rendant à Kyiv. Selon l’opérateur ferroviaire ukrainien, l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et l’ancien directeur de la CIA, David Petraeus, revenaient d’une conférence à Kyiv par des trains empruntant cette même ligne au moment où la locomotive a été touchée.

La Russie a affirmé que la frappe visait des infrastructures ferroviaires utilisées pour le transport de cargaisons militaires en provenance de pays européens.

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D’autres frappes russes durant le week-end ont fait au moins deux morts à Kramatorsk. Lors d’une deuxième journée d’attaques contre la ville portuaire d’Odessa, 20 personnes ont été blessées, dont deux enfants.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a tenu une réunion d’urgence à Varsovie et a déclaré s’attendre à une escalade du conflit dans les « prochaines semaines ». Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a affirmé que cette escalade devait inciter les alliés à « redoubler » d’efforts pour soutenir l’Ukraine.

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Parallèlement, l’Ukraine a intensifié ses frappes à longue portée sur le territoire russe, visant notamment des raffineries de pétrole et des bases logistiques. Dans ce contexte d’escalade, le nombre de victimes civiles a atteint son plus haut niveau depuis le début de la guerre.

La France et l’Union européenne ont souligné que la Russie ne devait pas être autorisée à intimider les gouvernements européens ni à affaiblir leur soutien à Kyiv. Les efforts diplomatiques pour reprendre des négociations entre la Russie et l’Ukraine restent incertains. Le Kremlin a indiqué que de nouveaux pourparlers pourraient avoir lieu en octobre.

Source : RFI