L’Allemagne prépare de nouveaux droits de douane, un contrôle des investissements et des restrictions à l’exportation vers la Chine

Le gouvernement allemand prépare un vaste ensemble de mesures de sécurité économique pour protéger ses secteurs industriels stratégiques face aux risques liés à la Chine. Ce projet pourrait inclure de nouveaux droits de douane sur les véhicules électriques hybrides. Selon des sources proches du dossier, les ministères allemands analysent actuellement les dépendances et les vulnérabilités du pays vis-à-vis de ce pays afin d’évaluer d’éventuelles mesures de rétorsion.

Parmi les mesures envisagées figurent l’obligation de créer des coentreprises, le renforcement des contrôles sur les investissements étrangers en Allemagne et sur les investissements allemands à l’étranger, ainsi qu’un durcissement du régime de contrôle des exportations. Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz espère obtenir l’approbation du conseil des ministres d’ici le 14 octobre, avant de chercher un soutien plus large de la part de l’Union européenne. Toutefois, ces mesures n’ont pas encore été regroupées dans un projet unique et leur adoption par le gouvernement n’est pas garantie.

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L’Allemagne fait évoluer sa politique vis-à-vis de la Chine

Ces projets témoignent d’un durcissement de la politique allemande à l’égard de la Chine, traditionnellement prudente en raison de l’orientation exportatrice de l’économie nationale et des liens commerciaux étroits avec Pékin. Le déficit commercial de l’UE avec la Chine dépasse actuellement 1 milliard d’euros par jour, tandis que le ralentissement industriel en Allemagne s’accompagne d’annonces de suppressions de dizaines de milliers d’emplois. Notamment, Volkswagen AG prévoit d’atteindre 100 000 suppressions de postes dans le monde.

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Ces nouvelles mesures visent à instaurer une plus grande réciprocité dans les relations économiques avec ce pays. Plus tôt cette année, Friedrich Merz a déclaré : « Nous avons sous‑estimé la puissance et la force économique de la Chine », ajoutant que l’Europe traverse « un grand tournant stratégique ».

Berlin collabore avec Paris pour obtenir le soutien d’autres pays de l’UE lors du sommet de Bruxelles en octobre et en amont des négociations avec la Chine prévues plus tard dans le mois. Selon des interlocuteurs ayant requis l’anonymat, les deux capitales travaillent sur un document de position commun qui sera transmis à l’UE comme base pour des mesures à l’échelle européenne.

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Source : Bloomberg