La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel du Canada s’est accélérée à 3,3 % au deuxième trimestre, confirmant un redressement économique important après un recul annuel dû aux tarifs américains et à un ralentissement de l’immigration. L’économie a progressé d’avril à juin grâce à la hausse des exportations, des dépenses de consommation des ménages et des investissements des entreprises, a indiqué Statistique Canada vendredi. Les économistes interrogés par Bloomberg prévoyaient une croissance de 3,4 % en rythme annualisé, conformément à l’estimation précédente de Statcan.
Il s’agit du rythme de croissance le plus rapide depuis le début de l’année 2023, ce qui montre que les entreprises commencent à s’adapter aux tarifs américains – un processus déjà évoqué auparavant par la Banque du Canada. Les données révisées de l’agence fédérale montrent que l’économie ne s’est pas contractée au premier trimestre, comme indiqué précédemment, mais a au contraire progressé de 0,3 % en rythme annualisé. Cela signifie que le Canada n’a pas connu de récession technique et se trouve dans une meilleure situation que ce qui était estimé auparavant.
Tensions commerciales et politique monétaire
Les exportations ont augmenté de 15,1 % en rythme annualisé au cours du trimestre – le rythme le plus rapide depuis plus de trois ans, après une hausse de 1,3 % au trimestre précédent. Cependant, cet élan se heurte à de nouveaux obstacles dans le contexte de la reprise des tensions commerciales avec les États-Unis. De nouveaux droits de douane de 50 % sur les marchandises canadiennes d’une valeur de 20 milliards de dollars sont entrés en vigueur samedi, après que les négociations entre les deux pays aient abouti à une impasse la semaine dernière. Le Canada prévoit de répondre par des droits de douane de représailles le 8 septembre, tandis que le président Donald Trump a menacé d’augmenter les tarifs sur les automobiles et les pièces détachées canadiennes à 50 % à compter du 1 janvier.
Le dernier compte rendu des discussions de la Banque du Canada a également montré que certains responsables étaient préoccupés par la durabilité de la reprise économique à moyen terme. La banque centrale doit annoncer sa prochaine décision sur les taux d’intérêt mercredi et devrait maintenir le taux directeur à 2,25 % pour la septième fois consécutive. Bien que les traders sur le marché des swaps overnight anticipent une hausse des taux d’ici la fin janvier, l’incertitude commerciale accrue complique à nouveau les perspectives de la politique monétaire.
En juin, le PIB réel a augmenté de 0,3 % par rapport au mois précédent, dépassant les prévisions des économistes de 0,2 %. L’estimation préliminaire de Statcan indique que l’économie n’a pas changé en juillet. Parallèlement, le PIB réel par habitant a progressé de 3,8 % en rythme annualisé d’avril à juin, alors que la population du Canada diminuait pour le troisième trimestre consécutif. Il s’agit du rythme de croissance le plus rapide de cet indicateur depuis la fin de l’année 2021.
Les investissements des entreprises dans les bâtiments non résidentiels, les machines et l’équipement ont augmenté au rythme le plus rapide en deux ans – de 12,3 % par rapport au trimestre précédent. Les investissements dans les ordinateurs et les périphériques ont progressé, soutenus par la hausse des importations de processeurs, généralement utilisés dans les centres de traitement de données. La consommation des ménages a augmenté de 3,3 %, principalement grâce à la hausse des dépenses en fonds communs de placement, services d’investissement, ainsi qu’en automobiles particulières et en location. Les revenus des entreprises ont grimpé de 9,6 % sans ajustement en rythme annualisé – la plus forte hausse depuis le début de l’année 2021. Cette progression a été alimentée par des prix de l’énergie plus élevés dans le contexte de la guerre en Iran. Les investissements dans la construction résidentielle ont augmenté de 10,4 %.
Source : Bloomberg



