Le gouvernement espagnol alloue 309 millions d’euros pour sauver l’économie et les services de Ceuta. Mardi, le gouvernement a tenu une réunion du Conseil des ministres, presque entièrement consacrée à atténuer les conséquences économiques et sociales de la crise migratoire qui s’est déclenchée fin juillet à Ceuta, et a approuvé un décret-loi royal sur les mesures d’urgence. Celui-ci prévoit la mobilisation de 309 millions d’euros d’ici fin 2026. 50 millions d’euros supplémentaires seront accordés sous forme de lignes de garantie ICO. Il s’agit d’une injection de fonds sans précédent, équivalente à 16 % du PIB de Ceuta, qui doit être mise en œuvre en seulement quatre mois. Les mesures visent non seulement à protéger immédiatement le secteur productif et la stabilité sociale dans la ville nord-africaine, mais aussi à étendre de manière permanente une partie de ses avantages fiscaux et sociaux à Melilla, à titre préventif.
Cette décision consacre officiellement l’engagement annoncé la veille par le Premier ministre Pedro Sánchez, augmentant considérablement les premières estimations d’aide pour combler le fossé économique à Ceuta. Les pertes subies par les entreprises locales étaient déjà estimées à environ 28 millions d’euros.
Aide économique et avantages fiscaux
Pour atténuer l’impact sur le marché du travail et les finances des petites et moyennes entreprises, le gouvernement a activé un paquet d’aide économique de 80 millions d’euros. Parmi les mesures clés figurent 36,6 millions d’euros d’aide directe pour 2 600 travailleurs indépendants, à raison de 5 000 euros chacun, et 1 400 entreprises qui recevront entre 10 000 et 150 000 euros selon la taille de leur activité. Les demandes seront gérées par l’Agence fiscale à partir du 14 septembre, et les paiements commenceront en octobre.
Par ailleurs, 14 millions d’euros seront alloués à des bons de consommation, des campagnes touristiques, ainsi qu’à des aides d’urgence pour cessation d’activité et à une aide directe du SEPE pour la formation professionnelle.
Dans les domaines du travail et de la fiscalité, le décret-loi royal prévoit des changements permanents significatifs pour Ceuta et Melilla. L’exonération pour les employeurs des cotisations sociales pour les travailleurs en CDI passera de 50 % à 75 %, à condition que l’embauche soit liée à des actions de formation. L’exonération de l’impôt sur les sociétés passera de 50 % à 60 %, et les conditions fiscales pour les travailleurs indépendants en matière d’IRPF seront améliorées. Le montant total des avantages fiscaux s’élèvera à 12 millions d’euros.
Temporairement, le ministère du Travail mettra en place un régime ERTE pour cause de force majeure avec exonération totale des cotisations pour les entreprises dont l’activité est restreinte. Les travailleurs auront également un accès complet aux allocations chômage sans utiliser leurs droits accumulés.
Aide humanitaire et sécurité
Le reste du budget d’urgence est destiné à surmonter les problèmes logistiques, les défis en matière de sécurité et la charge sur les services publics à laquelle sont confrontées les administrations locales. La plus grande partie des fonds, soit 118 millions d’euros, sera allouée à l’accueil humanitaire. Parmi ceux-ci, 63,6 millions d’euros sont prévus pour l’aide aux mineurs non accompagnés qui restent dans la ville, et 53,4 millions d’euros pour l’hébergement de base des migrants.
Dans le domaine de la sécurité et de la défense, l’État mobilisera 90 millions d’euros. Parmi ceux-ci, 74 millions d’euros iront au déploiement des forces du ministère de la Défense et des Forces armées, 7,1 millions d’euros sont prévus sous forme de primes de performance exceptionnelles pour la Police nationale, et 8 millions d’euros pour la Garde civile.
En outre, 21 millions d’euros sont prévus pour renforcer les principaux services publics. Les fonds serviront, entre autres, à recruter 100 professionnels de santé pour l’INGESA, à accélérer le fonctionnement du système judiciaire et à fournir une assistance juridique gratuite, un soutien psychosocial dans les centres éducatifs, une promotion internationale via l’ICEX, ainsi que des subventions directes à la ville autonome. Parmi celles-ci, plus de 7 millions d’euros sont destinés à une usine de dessalement.
Grâce à cet ensemble de mesures, coordonnées après la déclaration de la situation comme étant d’intérêt pour la sécurité nationale et sous un commandement unifié dirigé par Ángel Víctor Torres, le gouvernement cherche à mettre fin à la phase d’urgence à la frontière extérieure de l’Union européenne et à assurer la reprise de la ville avant la visite attendue du roi Felipe VI à Ceuta.
Source : La Vanguardia



