Le ministre espagnol de l’Intérieur rejette toute implication du Maroc dans la crise de Ceuta

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré qu’aucun rapport n’a permis d’identifier un « responsable intellectuel » de la crise de Ceuta, lors de laquelle plus de 72 000 personnes sont entrées dans la ville fin juillet. Lors d’une intervention à la Direction générale de la circulation (DGT) espagnole, il a souligné qu’il garde sa confiance envers le Maroc, qualifiant la coopération et la coordination avec ce pays d’excellentes dans tous les domaines.

Il a commenté les rapports transmis à l’Audience nationale : le rapport du Centre national de renseignement et des frontières (CENIF) de la Police nationale pointe l’implication de gendarmes marocains, tandis que celui de la Garde civile indique que les alertes reçues avant le 30 juillet ne permettaient pas de prévoir l’ampleur de la crise et l’afflux massif de milliers de personnes. Fernando Grande-Marlaska a insisté sur le fait qu’il n’existe actuellement aucun fait logique, raisonnable ou objectif prouvant l’implication du Maroc, d’un autre État, de ses représentants ou d’une personne précise dans l’organisation de la crise à Ceuta. Cette position avait déjà été exprimée par le Premier ministre Pedro Sanchez.

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Il a appelé à respecter l’enquête judiciaire et l’analyse policière, qui doivent prendre en compte « toutes les images et données » dans leur contexte, car « certains éléments peuvent faire l’objet de différentes interprétations ». La juge de l’Audience nationale, Maria Tardon, enquête sur l’entrée massive à Ceuta, qui pourrait viser à « porter atteinte à l’État en violation de son intégrité territoriale ».

Défense de la hiérarchie et critiques envers l’opposition

Le ministre a également pris la défense du général Luis Pelaez, à la tête du service d’information de la Garde civile. Il a qualifié d’invention et de mensonge les affirmations selon lesquelles le général aurait ordonné de supprimer les mentions relatives au Maroc dans le rapport transmis à la juge Maria Tardon.

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Parallèlement, il a critiqué la stratégie du chef du Parti populaire (PP), Alberto Nunez Feijoo, déclarant que le pays a besoin de « politiciens sérieux » et ajoutant que ceux qui n’apportent pas leur aide « feraient mieux de rester chez eux ». Il réagissait ainsi aux propos de Feijoo, selon lesquels le président de Ceuta, Juan Jesus Vivas, aurait « fait échouer un plan » prévoyant certaines « concessions » du gouvernement de Pedro Sanchez en faveur du Maroc.

Fernando Grande-Marlaska a souligné que 90 % des personnes entrées à Ceuta « sont retournées dans les 24 heures », ce qui constitue, selon lui, une preuve « très claire et évidente » de la coopération avec le Maroc. Il a précisé que le Maroc continue d’accueillir tous les migrants qui se présentent volontairement à la frontière pour retourner dans leur pays ; depuis le 10 août, plus de 4 200 personnes sont ainsi rentrées.

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Concernant les autres migrants restant à Ceuta, le gouvernement appliquera la législation « à la lettre ». Ceux qui n’ont pas droit à une protection internationale seront « renvoyés dans les plus brefs délais ».

Dans le même temps, les jeunes migrants à Ceuta qui souhaitent rester cherchent des moyens d’éviter leur retour. Certains tentent notamment de se faire passer pour des mineurs, ce qui pourrait influencer leur statut futur.

Source : El Mundo