Le Parlement du Nigeria suspend les visites officielles en Afrique du Sud en raison des violences contre les migrants

Le Parlement du Nigeria a suspendu les visites officielles en Afrique du Sud pour protester contre les violences persistantes visant les migrants, notamment les attaques contre des ressortissants nigérians. Comme l’a déclaré vendredi le porte-parole de la chambre basse, Akin Rotimi, cette décision s’applique à l’Assemblée nationale, à ses commissions, aux députés, aux fonctionnaires et au personnel, et concerne également les réunions virtuelles.

« L’Assemblée nationale ne peut ignorer les attaques constantes contre les citoyens à l’étranger », a souligné Akin Rotimi. Le secrétaire de l’Assemblée nationale, Kamoru Ogunlana, a précisé que le Parlement est particulièrement préoccupé par les informations faisant état de meurtres, de blessures et de déplacements forcés de Nigérians qui, en raison d’agressions répétées, ont été contraints d’abandonner leurs entreprises, leurs investissements, leurs maisons et d’autres biens.

Les causes des tensions migratoires

L’Afrique du Sud, l’une des économies les plus industrialisées du continent, attire depuis longtemps des migrants, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière. Parallèlement, le pays est confronté à un taux de chômage élevé, à des services sociaux défaillants et à une criminalité importante. Selon les analystes, la responsabilité de ces problèmes est de plus en plus souvent rejetée sur les migrants, bien qu’ils soient largement liés à des années de mauvaise gouvernance.

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Le Nigeria s’oppose de plus en plus fermement à ces violences, accusant l’Afrique du Sud de ne pas prendre les mesures nécessaires pour y mettre fin.

La semaine dernière à Durban, des manifestants ont attaqué un campement de ressortissants de la République démocratique du Congo, provoquant des affrontements violents. Dans d’autres cas, des protestataires ont fait du porte-à-porte, expulsant des personnes de force pour les remettre à la police. Ces attaques ont également touché des migrants en situation régulière.

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Attaques contre les Nigérians

En juin, lors de violences contre les migrants en Afrique du Sud, deux Nigérians ont trouvé la mort, deux jours avant l’expiration d’un ultimatum officieux fixé par des manifestants pour le départ des étrangers. Le ministère des Affaires étrangères du Nigeria a déclaré que l’un d’eux aurait été tué par des policiers, et l’autre par des assaillants non identifiés.

En juillet, le ministre d’État aux Affaires étrangères du Nigeria, Sola Enikanolaiye, a reçu à Abuja le ministre des Affaires étrangères d’Afrique du Sud, Ronald Lamola, pour discuter de ces attaques récurrentes. Lors de cette rencontre, Sola Enikanolaiye a affirmé que depuis 2022, au moins 98 Nigérians ont péri à la suite d’attaques de foules, de violences haineuses et d’exécutions extrajudiciaires.

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Les tensions en Afrique du Sud se sont intensifiées après que des manifestants ont fixé au 30 juin la date limite pour le départ des migrants en situation irrégulière. Selon la police d’Afrique du Sud, ces violences ont fait au moins 4 morts parmi les migrants, bien que les gouvernements de certains pays évoquent un bilan plus lourd.

Selon les dernières données du gouvernement d’Afrique du Sud, près de 90 000 personnes ont été volontairement rapatriées ou expulsées depuis le début de la crise migratoire. Toutefois, les chiffres fournis par les gouvernements des pays d’origine font état d’environ 178 000 personnes.

Source : Al Jazeera