La France rejoint la Slovaquie pour demander le retrait de l’oligarque russe Alisher Usmanov de la liste des sanctions de l’UE

Le gouvernement de la France a rejoint la Slovaquie pour demander le retrait de l’homme d’affaires russo-ouzbek Alisher Usmanov de la liste des sanctions de l’Union européenne. Cette question a été abordée lors de discussions confidentielles entre les ambassadeurs des pays membres de l’UE, ont indiqué à Euronews quatre diplomates européens.

La Slovaquie plaide depuis longtemps pour le retrait de la liste des sanctions d’Alisher Usmanov et d’un autre oligarque russe, Mikhail Fridman. Les sanctions qui les visent sont liées, entre autres, à leurs liens avec le régime de Vladimir Poutine et au complexe militaro‑industriel qui soutient la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

Alisher Usmanov, milliardaire d’origine ouzbèke et citoyen russe, a bâti sa fortune grâce à des investissements dans la métallurgie, l’industrie minière, les télécommunications et les technologies. Il est considéré comme proche du Kremlin. Il est sous le coup de sanctions de l’UE depuis 2022, après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.

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La position de la France complique les négociations

La démarche de la France a suscité une « énorme déception » parmi les autres États membres de l’UE, particulièrement dans un contexte de multiplication des menaces hybrides en Europe, notamment la récente tentative d’attaque par drone contre l’aéroport de Leipzig en Allemagne.

Un diplomate européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité des négociations, a déclaré : « Cela a soulevé de nombreuses questions sur les motivations — il semble que des raisons économiques prévalent ici. Les autres États membres ne comprennent pas vraiment la logique sous‑jacente. »

Actuellement, le régime de sanctions de l’UE couvre plus de 3000 personnes physiques et morales liées au complexe militaro‑industriel russe et à sa contribution à la guerre contre l’Ukraine. Ce régime doit être reconduit le 15 septembre, plaçant les États membres sous pression pour parvenir à un accord avant cette date.

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Les listes de sanctions individuelles étaient jusqu’ici renouvelées tous les six mois, mais la possibilité de passer à un cycle de 12 mois est à l’étude. Les sanctions sectorielles sont déjà passées d’un cycle de six mois à un cycle annuel en juillet.

Les exigences de la Slovaquie

Lors de plusieurs réunions des ambassadeurs de l’UE, la Slovaquie s’est opposée à la reconduction des sanctions, exigeant le retrait de la liste d’Alisher Usmanov et de Mikhail Fridman, ainsi que le maintien d’un cycle de renouvellement de six mois.

Ces exigences de Bratislava ne sont pas nouvelles. La Slovaquie a appelé à plusieurs reprises à retirer ces deux oligarques russes de la liste, notamment lors du dernier renouvellement des sanctions en mars.

La prolongation des sanctions de l’UE nécessite une décision unanime de tous les États membres ; un seul pays peut donc bloquer le processus. La résistance de la Slovaquie avait déjà provoqué des mécontentements, et la nouvelle position de la France risque de compliquer davantage les négociations.

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La France a présenté le retrait d’Alisher Usmanov comme un compromis politique, espérant que la Slovaquie ne renoncerait pas à ses deux exigences concernant le retrait des oligarques, comme cela s’était produit la fois précédente.

Les ambassadeurs de l’UE doivent se réunir à nouveau lundi pour discuter de la prolongation des sanctions, sous la pression de devoir trouver un accord politique d’ici le 15 septembre.

Un porte‑parole de la représentation permanente de la France auprès de l’UE a déclaré que Paris soutenait la prolongation des sanctions, mais a refusé de commenter les négociations, invoquant leur caractère confidentiel.

Source : Euronews