Le Vanuatu a saisi la Cour internationale de justice (CIJ) dans le cadre d’un différend avec la France portant sur deux îles contestées, Matthew et Hunter, a annoncé mardi la Cour dans un communiqué.
L’État insulaire du Pacifique a déposé une requête pour engager une procédure devant la CIJ. Cependant, conformément au règlement de la Cour, l’affaire ne pourra être examinée que si la France accepte la juridiction de la Cour dans ce litige.
La requête du Vanuatu concerne un différend avec la France « relatif à la souveraineté du Vanuatu sur les îles Umaenupne (Matthew) et Umaeneg/Leka (Hunter », ainsi que « l’établissement d’une frontière maritime unique entre les zones économiques exclusives (ZEE) et les plateaux continentaux du Vanuatu et de la France (en ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie) », a précisé la Cour.
Les îles contestées et la juridiction de la Cour
Matthew et Hunter, situées à environ 300 kilomètres au sud des îles les plus méridionales de l’archipel du Vanuatu et à plus de 400 kilomètres à l’est de la Grande Terre de Nouvelle-Calédonie, ont une superficie inférieure à un kilomètre carré. Ces deux petites îles inhabitées et isolées du sud de l’océan Pacifique permettent pourtant à la France de revendiquer une zone économique exclusive (ZEE) de 350 000 kilomètres carrés.
La Cour internationale de justice, siégeant à La Haye, a confirmé que la requête avait été transmise à la France. « Aucune mesure de procédure ne sera prise tant qu’elle n’aura pas accepté la juridiction de la Cour dans cette affaire », a-t-elle souligné.
Historique du différend et position du Vanuatu
Le Vanuatu revendique ces territoires depuis son indépendance vis-à-vis de la France et du Royaume-Uni en 1980. La France, de son côté, n’envisage pas de transférer la souveraineté sur ces îles. Les deux pays ont entamé des négociations en 2025 pour parvenir à un consensus, notamment sur la délimitation de leurs ZEE respectives. Initialement prévues pour se poursuivre au début de cette année, ces négociations ont été reportées afin d’éviter une coïncidence avec les échéances électorales en Nouvelle-Calédonie.
Le Premier ministre du Vanuatu, Yotam Napat, a accusé en mai Paris de pratiques coloniales et menacé d’utiliser « tous les moyens diplomatiques et juridiques internationaux » si les discussions avec la France n’aboutissaient pas.
Le Vanuatu a déjà eu recours à la CIJ, dont la mission est de régler les différends entre États. L’an dernier, ce petit État insulaire avait saisi la Cour dans une affaire historique, à l’issue de laquelle les juges avaient statué que les États étaient tenus, en vertu du droit international, de prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique. Bien que les décisions de la Cour soient contraignantes, celle-ci ne dispose pas de moyens propres pour en assurer l’application.
Source : Le Figaro



