Le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi que l’Europe était prête à se défendre et à défendre la liberté « au prix du sang », si nécessaire. Cette déclaration a été faite à la veille d’une réunion des alliés de l’Ukraine, visant à réaffirmer leur soutien à Kiev et à intensifier la pression sur la Russie.
Le sommet de la Coalition des volontaires, initiée par la France et la Grande-Bretagne pour fournir un soutien militaire à l’Ukraine après l’invasion à grande échelle de la Russie, a pour objectif d’obtenir un cessez-le-feu et de relancer les négociations de paix, a indiqué l’administration présidentielle française vendredi. À cette réunion, qui se tiendra la veille de la fête nationale française, le jour de la prise de la Bastille, participeront au moins 25 chefs d’État, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
S’adressant aux forces armées lors d’un discours traditionnel avant le défilé militaire du 14 juillet, Macron a souligné que l’Europe « devient un centre de force autonome », prête à « se défendre ». « Le message que nous envoyons au monde est le suivant : Oui, la paix est notre objectif. Oui, nous chérissons la liberté et la primauté du droit. Et oui, nous sommes prêts à nous battre pour leur défense. Toujours, et au prix du sang, si nécessaire », a déclaré Macron.
On s’attend à ce que Zelensky et d’autres dirigeants assistent au défilé sur les Champs-Élysées, au cœur de Paris, qui mettra en avant le soutien à l’Ukraine, a précisé l’administration présidentielle. Dans son discours, Macron a également plaidé pour l’élargissement du partenariat dans l’industrie européenne de la défense, malgré l’abandon récent par la France et l’Allemagne d’un programme commun de chasseurs.
Réaction de Moscou et soutien à l’Ukraine
Lundi, Moscou a rejeté le sommet, le qualifiant de réunion de dirigeants qui « ne veulent pas la paix ». « C’est une coalition de faiseurs de guerre », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Le palais de l’Élysée a souligné que le sommet se tenait dans un « moment puissant de convergence et d’unité transatlantique renouvelées », ainsi que dans un contexte de « situation plus favorable sur le front » pour Kiev.
Un conseiller de Macron a indiqué que la réunion de lundi « développerait cette dynamique… pour démontrer que les partisans de l’Ukraine restent fermement engagés à soutenir le peuple ukrainien, qu’il n’y a absolument aucun signe de fatigue, et que la Russie ne peut pas compter sur une telle fatigue ».
Le président américain Donald Trump, qui a cherché à maintenir des relations avec son homologue russe Vladimir Poutine, tout en critiquant périodiquement Moscou et Kiev, a laissé entendre qu’il avait l’intention de renforcer le soutien à l’Ukraine lors du sommet du G7 en France en juin et lors de la réunion de l’OTAN en Turquie cette semaine. La semaine dernière, Washington a également fait avancer une législation bipartisane visant les pays qui achètent de l’énergie russe, ouvrant potentiellement la voie à une augmentation de la pression sur Moscou.
Les dirigeants de la coalition se concentreront sur la coopération avec l’Ukraine dans les domaines de la défense anti-aérienne et anti-missile, y compris la production sous licence d’armements dans le pays.
Forces multinationales et perspectives de trêve
Les forces multinationales de soutien à l’Ukraine, qui seront déployées après la fin des combats, devraient être officiellement déclarées prêtes lors du sommet, ont indiqué des responsables à Paris. Des exercices militaires conjoints sont également prévus. La coalition, créée en février 2025, a tenu plus de 15 réunions et a adopté en janvier, en présence d’émissaires américains, la Déclaration de Paris, qui établit des garanties de sécurité pour protéger l’Ukraine contre une nouvelle attaque russe, ainsi que pour surveiller un éventuel cessez-le-feu.
Washington, qui a exclu tout déploiement de troupes terrestres américaines, ne fait pas officiellement partie de la coalition, mais sera impliqué dans la surveillance du cessez-le-feu. La France, la Grande-Bretagne et l’Espagne ont déclaré qu’elles étaient prêtes à envoyer des troupes, ce que Moscou a mis en garde, affirmant que toute force étrangère serait une « cible légitime ».
Cependant, un cessez-le-feu reste une perspective lointaine, car les combats se poursuivent. La défense anti-aérienne ukrainienne a subi une pression significative en raison des frappes répétées de missiles balistiques russes ces dernières semaines. Ce mois-ci, Washington a accordé à l’Ukraine l’autorisation de produire sous licence des systèmes de défense anti-aérienne Patriot, développés aux États-Unis et capables d’intercepter des missiles balistiques, bien que des mois puissent s’écouler avant le début de leur production. Zelensky a réitéré ces derniers jours son appel aux alliés pour qu’ils fournissent davantage d’aide militaire afin d’aider l’Ukraine à repousser l’invasion russe, qui en est maintenant à sa cinquième année.



