Marco Rubio entame une tournée en Amérique latine pour renforcer l’influence des États-Unis

Le principal diplomate des États‑Unis, Marco Rubio, arrive ce mardi en Colombie, première étape de sa tournée en Amérique latine. Au cours de ce déplacement, il rencontrera des dirigeants proches de Donald Trump.

À Barranquilla, Marco Rubio s’entretiendra avec le président de la Colombie, Abelardo de la Espriella, avocat millionnaire de 48 ans élu en juin. Partisan de Donald Trump, Abelardo de la Espriella prône une politique de fermeté face à la criminalité. Le nouveau gouvernement colombien renforce ses liens avec son principal allié militaire après une période de tensions entre Donald Trump et son prédécesseur, le président de gauche Gustavo Petro.

Lutte contre le narcotrafic et conséquences du séisme

Au cours de son premier mois de mandat, Abelardo de la Espriella a lancé un plan visant à démanteler les puissants cartels de cocaïne par des bombardements et a mis fin aux négociations de paix entamées par Gustavo Petro. Le gouvernement colombien a autorisé des opérations militaires conjointes avec les États‑Unis et a reçu, en août, le commandant du Commandement Sud des États‑Unis pour discuter de la stratégie de lutte contre le trafic de drogue.

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La Colombie a également rejoint le «Щита Americ» (Escudo de las Américas), une coalition de pays dirigée par Donald Trump pour combattre le narcotrafic dans la région. Selon le Département d’État des États‑Unis, l’objectif de ce voyage est de «renforcer la coopération dans la lutte commune contre le narcoterrorisme» et d’«approfondir les relations commerciales» avec la Colombie, le Pérou et l’Équateur.

À Barranquilla, Marco Rubio discutera également de la reconstruction après le séisme dévastateur du 10 août, qui a coûté la vie à plus de 330 personnes en Colombie. Le porte‑parole du Département d’État des États‑Unis, Tommy Pigott, a souligné que le tremblement de terre a détruit écoles, hôpitaux et des milliers de logements dans plusieurs villes.

Abelardo de la Espriella a sollicité l’aide des États‑Unis et a demandé la suspension des droits de douane afin de faciliter les travaux de reconstruction.

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La doctrine «Donroe» et la stratégie des États‑Unis

La tournée du principal diplomate américain intervient dans un contexte de succès pour les candidats de droite en Amérique latine. Depuis le retour du républicain Donald Trump à la Maison‑Blanche en janvier 2025, plusieurs pays, dont l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur et le Honduras, ont amorcé ou confirmé un virage vers des gouvernements conservateurs.

Washington affiche une volonté claire de renforcer son influence dans la région dans le cadre de la doctrine dite «Donroe», contraction du nom de Donald Trump et de celui de James Monroe, le président qui, il y a plus de deux siècles, a défini l’Amérique latine comme zone d’influence américaine. Cette ambition s’inscrit dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États‑Unis, dont Marco Rubio est l’un des principaux architectes.

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Ce déplacement fait suite à la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération militaire des États‑Unis à Caracas en janvier, et intervient quelques jours après l’annonce d’un accord avec le gouvernement provisoire du Venezuela, accordant à Washington le contrôle d’une grande partie des plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières du pays.

Après la Colombie, Marco Rubio se rendra à Quito pour rencontrer le président de l’Équateur, Daniel Noboa, puis à Lima pour un entretien avec la présidente du Pérou, Keiko Fujimori. L’Équateur est l’un des partenaires clés de Washington dans la lutte contre le narcotrafic. Actuellement, les États‑Unis et l’Équateur mènent des opérations contre des navires suspectés d’être liés à la mafia de la drogue dans l’océan Pacifique. Au cours de la semaine dernière, au moins cinq navires ont été coulés lors de ces opérations militaires.

Source : Clarín