L’Union européenne prévoit d’imposer des sanctions contre plus de 1 600 entreprises qui, selon elle, soutiennent l’agression militaire russe contre l’Ukraine. Il s’agit du plus grand ensemble de sanctions en termes de nombre d’entreprises que l’UE propose d’ajouter simultanément à sa liste. Selon des sources informées, le chiffre d’affaires annuel cumulé de ces entreprises dépasse 20 milliards de dollars, et leur effectif total s’élève à plus de 265 000 employés. Si ce paquet est adopté, il augmentera de près de 50 % le nombre d’entreprises sous sanctions de l’UE depuis le début de la guerre à grande échelle de la Russie contre l’Ukraine, ont précisé des interlocuteurs sous couvert d’anonymat. Pour entrer en vigueur, ces restrictions doivent être approuvées à l’unanimité par tous les États membres de l’UE.
Cette proposition constitue une nouvelle tentative de l’Union européenne pour accroître la pression sur le président russe Vladimir Poutine et inciter Moscou à engager des négociations de paix. Les dirigeants européens estiment que le renforcement des positions ukrainiennes sur le front et la détérioration de la situation économique en Russie créent une opportunité pour un nouveau processus diplomatique, alors que Moscou a déjà revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour 2026. Le président américain Donald Trump a également réactivé sa participation aux efforts diplomatiques, promettant d’aider l’Ukraine à renforcer son système de défense antiaérienne et recevant le président Volodymyr Zelensky à Washington mardi.
Processus d’adoption des sanctions et mesures supplémentaires
Dans le même temps, l’UE a de plus en plus de difficultés à s’accorder sur de nouvelles sanctions contre Moscou, certains pays demandant des exceptions pour atténuer les conséquences économiques. Dans ce contexte, des responsables ont informé les ambassadeurs de l’UE que la nouvelle proposition devrait être présentée dans les semaines à venir, afin que les capitales aient suffisamment de temps pour l’examiner. La décision finale pourrait être prise lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères en octobre.
Par ailleurs, l’UE prépare également un nouveau paquet de mesures restrictives liées à la déportation forcée des enfants ukrainiens, qui pourrait également être adopté à l’automne.
Augmentation des attaques et efforts diplomatiques
La préparation de ce nouveau paquet de sanctions intervient dans un contexte d’escalade des combats. L’Ukraine frappe les raffineries de pétrole et les dépôts de carburant en profondeur sur le territoire russe, tandis que Moscou, par des attaques massives sur les grandes villes, épuise les stocks de missiles intercepteurs ukrainiens.
Entre-temps, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni mènent de nouveaux efforts diplomatiques pour impliquer Poutine dans des négociations de paix, en coordination avec Volodymyr Zelensky. L’équipe du président du Conseil européen António Costa a également contacté le Kremlin pour ouvrir un canal en vue de possibles négociations visant à mettre fin à la guerre.
Cependant, Poutine a rejeté tous les appels à un cessez-le-feu avant le début des négociations, déclarant que cela permettrait à l’Ukraine de se réarmer et de renforcer sa défense. En tant que condition de tout accord de paix, il continue d’exiger la cession à la Russie de territoires dans la partie orientale de la région de Donetsk, ce que Kiev rejette catégoriquement.
Source : Bloomberg



