Le Japon a dépensé un record de 96 milliards de dollars pour des interventions en soutien au yen

Le Japon a dépensé 15,4 billions de yens (96 milliards de dollars américains) pour soutenir le yen entre fin juillet et fin août. Il s’agit de la plus grande intervention mensuelle sur le marché des changes de l’histoire, a annoncé le ministère des Finances japonais vendredi. La Banque du Japon mène ces interventions sur ordre du ministère pour réduire les dommages économiques causés par les fluctuations brutales du taux de change.

Le yen s’affaiblissait en raison de la différence entre les taux d’intérêt au Japon et aux États-Unis, des prix élevés du pétrole, ainsi que des craintes que les plans du Premier ministre Sanae Takaïti d’augmenter les dépenses publiques puissent encore alourdir la dette déjà énorme du pays. Les données du ministère des Finances, publiées vendredi, indiquent que les interventions sur les changes ont eu lieu entre le 30 juillet et le 26 août, bien que les dates exactes ne soient pas divulguées.

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Actions conjointes avec les États-Unis et précédents historiques

Le 31 juillet, Tokyo et Washington ont mené leur première intervention conjointe sur les changes en 28 ans pour soutenir le yen, qui avait atteint la veille son niveau le plus bas en quatre décennies. Le président américain Donald Trump a confirmé au début de ce mois les actions coordonnées à bord de l’Air Force One, les qualifiant « de signal d’amitié » avec le Japon et « utiles pour l’économie mondiale ».

L’opération d’achat de yens a eu lieu après que le cours avait atteint 163,99 yens pour un dollar le mois dernier — le niveau le plus faible depuis 1986. Le 31 juillet, le yen s’est apprécié à 157,40 pour un dollar — le niveau le plus élevé depuis début mai. Vendredi, le taux était d’environ 159,6 yens pour un dollar.

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L’intervention de juillet a été la première depuis 2011, lorsque les États-Unis, le Japon et d’autres pays du G7 ont vendu conjointement des yens pour freiner son appréciation après un puissant tremblement de terre. La dernière fois que Washington et Tokyo ont acheté conjointement des yens remonte à 1998.

Conséquences économiques et défis

Selon les experts, l’administration Trump cherchait également à réduire le déficit commercial des États-Unis. Un yen faible soutient les exportateurs japonais et peut aider le Japon à respecter son engagement d’investir 550 milliards de dollars aux États-Unis dans le cadre d’un accord commercial de 2025.

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En même temps, un yen faible profite aux grands exportateurs japonais comme Sony et Toyota, mais augmente le coût des importations pour le Japon, dépendant des ressources, en particulier le pétrole. Cela se produit dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, qui complique l’approvisionnement en énergie en provenance de la région du golfe Persique.

Le yen continue de s’affaiblir malgré les interventions précédentes sur les changes et les déclarations de la ministre des Finances, Satsuki Katayama, sur la disposition du Japon à agir. Ces déclarations visaient à dissuader les investisseurs de parier davantage sur la baisse du yen.

Source : Barron’s